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Toutes les 71 secondes, un message de haine anti-palestinien sur les réseaux sociaux en Israël

Toutes les 71 secondes les réseaux sociaux véhiculent en hébreu un message de haine, une déclaration insultante ou un appel à la violence contre les Palestiniens, selon un rapport publié par 7amleh (prononcé Hamleh), le Centre arabe pour l’avancement des médias sociaux.

Un message sur neuf publié sur les réseaux sociaux en hébreu contient des appels à la violence contre les Palestiniens ou des injures et autres “malédictions”, selon l’«Index 2017 du racisme et de l’incitation dans les réseaux sociaux israéliens contre les Arabes et les Palestiniens», établi par 7amleh sur base d’une liste de cent mots-clés, expressions et noms de personnalités en hébreu, qui font office d’indices de détection des messages de haine. Quelque 50.000 utilisateurs israéliens des médias sociaux ont publié au moins un article qui contenait une “incitation” contre les Palestiniens en 2017, selon l’index.

7amleh, dont le siège est à Haïfa, propose une formation aux médias sociaux aux militants palestiniens en Israël, à Gaza et en Cisjordanie et plaide en faveur d’un meilleur accès à Internet et pour la protection de la liberté d’expression palestinienne en ligne.

L’utilisation par le groupe du terme «incitation», qui peut constituer un crime en Israël, vise à attirer l’attention sur l’asymétrie dans la façon dont les autorités israéliennes traitent les discours violents sur les médias sociaux. Des centaines de Palestiniens – en Israël et dans les territoires occupés – ont été arrêtés et emprisonnés pour des publications considérées comme une “incitation”, alors que peu de Juifs israéliens ont été confrontés à des accusations similaires.

La poétesse palestinienne Dareen Tatour lors de sa comparution devant un tribunal à Nazareth le 4 décembre 2017 2017. (Oren Ziv/Activestills.org)

Parmi les cas notables de Palestiniens arrêtés et poursuivis pour “incitation” via les médias sociaux figurent Dareen Tatour et Nariman Tamimi. La police israélienne a arrêté en octobre 2015 le poète palestinien Dareen Tatour, 34 ans, pour un poème et plusieurs statuts qu’elle a publiés sur Facebook. Accusée d’“incitation” à la violence et d’identification avec une organisation terroriste, Tatour a passé plus de deux ans en prison et en résidence surveillée – et elle n’a pas toujours été reconnue coupable d’un quelconque crime.

Nariman Tamimi, mère de Ahed Tamimi, a pour sa part été inculpée d’“incitation” devant un tribunal militaire israélien pour avoir diffusé en direct la vidéo maintenant célèbre de la tentative de sa fille de repousser deux soldats israéliens armés hors de la propriété familiale. La libération sous caution a été refusée à Nariman qui, comme sa fille, restera en prison jusqu’à la fin de son procès.

Des personnalités politiques palestiniennes – qu’il s’agisse de membres de la Knesset ou du Fatah et de leaders du Hamas – ont été les cibles privilégiées de contenus violents sur les réseaux sociaux, a constaté 7amleh. Les députés élus de la “liste commune” 1, Ahmad Tibi et Haneen Zoabi, ont été les plus visés par les propos haineux diffusés en ligne : 40.000 et 35.000 messages respectivement.

Nadim Nashif, directeur exécutif de 7 amleh, a déclaré que les recherches du groupe “mettent en évidence la complicité de Facebook dans la perpétuation des doubles standards du gouvernement israélien de faire taire et de bloquer les contenus palestiniens tout en permettant la propagation de l’incitation à la haine et à la violence israélienne”.

En outre, a poursuivi Nashif, le gouvernement israélien ne tient aucun Israélien pour responsable de la violence en ligne alors qu’en même temps il emprisonne des centaines de Palestiniens sur la base d’accusations infondées d’incitation”.

Selon les données publiées par Facebook, la société de Mark Zuckerberg a restreint ou bloqué l’accès à 472 messages à la demande du gouvernement israélien.


Source : 972mag.com – “Hate speech against Palestinians posted every 71 seconds” par Joshua Leifer (6 mars 2018)
Traduction et adaptation : Luc Delval

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Notes   [ + ]

1. “joint list” : alliance électorale de partis des Palestiniens d’Israël, constituée afin de parvenir à avoir quelques représentants de la minorité (21%) palestinienne d’Israël au parlement, après que les partis sionistes aient modifié la loi électorale dans le but non dissimulé de les empêcher d’obtenir des sièges. – NDLR

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