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TEVA et les associations sionistes défaits devant le tribunal de Metz

Jeudi dernier, la multinationale israélienne TEVA et l’association du clown sioniste d’extrême-droite Gilles-William Goldnadel, “Avocats sans frontières” [1] (qui usurpe le nom d’une ONG respectable) ont subi une défaite judiciaire, à Metz. Elle venait à point nommé, juste avant que François Hollande aille se prosterner devant les dirigeants du CRIF et tenir sur BDS des propos inqualifiables.

Nous reproduisons ici l’intervention de Richard Srogosz, publiée sur le site web de nos amis de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) :

Ce jeudi 23 février 2017 restera mémorable dans l’histoire du Collectif BDS 57 qui relaie localement depuis 2010 la campagne nationale de boycott des produits israéliens à l’appel de la société civile palestinienne : une campagne soutenue depuis le début par l’Union Juive Française pour la Paix et dont je suis membre comme le rappelle la pétition circulant en ma faveur et qui a recueillie à ce jour près de 2.500 signatures.

Au terme d’une année de procédures compliquées depuis le dépôt d’une plainte transformée en procès et jugée bien tardivement le 2 février dernier, soit après un report de dix jours laissant le temps à nos adversaires de s’organiser, le Tribunal de Grande Instance de Metz a conclu à la prescription dans cette affaire, déboutant sans ménagement les trois parties civiles.

La multinationale de génériques pharmaceutiques TEVA SANTÉ, ainsi que les associations sionistes Avocats Sans frontières et France-Israël venues au dernier moment à la rescousse de l’entreprise israélienne ont subi une très sévère défaite.

Ces deux dernières, de sinistre réputation, réclamaient des sommes astronomiques à l’inculpé, président du collectif et « coupable » d’avoir invité par courrier des pharmaciens à découvrir le point de vue de BDS France sur la commercialisation des médicaments génériques TEVA. La citation à comparaître, s’appuyant sur un document dénoncé par un seul pharmacien, considérait que le délit relevait de la loi de la presse, c’est-à-dire provoquait publiquement à la discrimination…

Bien mal en a pris à nos adversaires car si je ne suis ni relaxé, ni amendé par le tribunal, les arguments de notre avocate Liliane Glock bien armée juridiquement, réfutant point par point à l’audience le recours par le procureur à cette loi ambigüe datant de 1881 furent infiniment plus convaincants que ceux de ses deux collègues maladroits de la partie civile. Les échanges furent sereins au cours du procès, l’argument politique s’invitant vers la fin, le procureur et la présidente s’en tenant à une stricte neutralité. La prescription, plaidée en premier lieu par notre avocate, fut donc au final retenue.

Bien qu’il reste encore une possibilité d’appel venant du Parquet, ce verdict que nous espérons définitif constitue une victoire juridique dans le combat que nous menons.

C’est un échec cinglant pour les défenseurs inconditionnels d’Israël qui par un tract distribué devant le tribunal calomniaient BDS, vantant les mérites d’une société israélienne démocratique imaginaire, sans commune mesure avec l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ! Cité nommément dans leur propagande, je méritais la sanction demandée par quelques supporters d’un État condamné à maintes reprises par le droit international mais qui, eux, se croient tout permis pour empêcher notre libre expression, au point d’inquiéter les services de police qui avaient mobilisés dix cars de CRS à quelques heures du procès. De part et d’autre d’un couloir de bus, Metz sortie des frimas découvrait le brûlot du conflit israélo-palestinien !

Rappelons que notre premier rassemblement du mardi 24 janvier s’était déroulé avec succès et dans le calme. L’apparition dans la salle d’audience d’une centaine de personnes respectueuses venues me soutenir et assister au procès n’était pas du goût de tout le monde ce jour-là : la parade qui a conduit à faire reporter ce procès sous un prétexte discutable ‒ certains espéraient peut-être que nous serions en position de faiblesse dix jours plus tard ‒ n’a pas marché. La loi du plus fort symbolisée par la politique guerrière, coloniale et illégale du gouvernement israélien dont la multinationale TEVA mal gérée et impliquée dans de sombres affaires n’est que la façade dans le domaine de la santé n’a pas eu prise sur le sort d’un simple défenseur du droit, lanceur d’alerte, militant de la cause palestinienne.

C’est encourageant dans ce contexte hélas spécifiquement français de répression du droit au boycott, faisant de la solidarité un délit et assimilant le Palestinien en souffrance à un terroriste !

Cette victoire juridique face à une très grosse société d’origine israélienne est aussi une victoire politique. La belle mobilisation devant le tribunal le mardi 24 obligea les sionistes à sortir de leur quiétude mal pensante quelques jours plus tard. Des camarades sont venus parfois à deux reprises de loin pour nous soutenir magnifiquement avec forces banderoles et drapeaux palestiniens. Des communiqués chaleureux et des dons généreux nous auront permis de faire face. Que tous soient remerciés : cette victoire obtenue tant au tribunal que sur la place publique, nous la devons aussi à ce bel élan de solidarité.

Richard Srogosz, inculpé
Président du collectif BDS 57


[1] Goldnadel, qui a probablement trouvé un jour un diplôme d’avocat au fond d’une pochette-surprise, s’estf aoit une spécialité avec la pseudo-“Avocats sans frontières”, d’intenter les procès les plus improbables au nom de la lutte contre l’antisémitisme (utilisée comme moyen de chantage par l’extrême-droite sioniste à laquelle il se rattache), qu’il perd assez systématiquement.Cela n’a guère d’importance, car l’objectif principal n’est pas en réalité dans la plupart des cas de remporter des victoires judiciaires, mais d’utiliser abusivement la Justice pour s’assurer une présence médiatique, l’annonce de procès contre de supposés antisémites ayant généralement plus d’écho dans les médias dominants que celle de leur acquittement. Goldnadel est aussi l’auteur d’un livre non moins délirant que les procès qu’il intente : le “Nouveau Bréviaire de la Haine ”. On n’est donc pas étonné de le retrouver tantôt dans les organes directeurs du CRIF, tantôt à la présidence de l’Association France-Israël. Il a aussi joué un rôle actif dans la campagne haineuse contre Charles Enderlin (ex-correspondant de France 2 à Jérusalem – voir ICI dans les notes de bas de page). Ce virtuose de l’imposture intellectuelle s’est en outre payé le luxe (expression à ne pas prendre au pied de la lettre car il y a tout lieu de supposer qu’il bénéficie de certaines largesses des officines israéliennes) d’agir devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme au nom d’une fantomatique «Ligue internationale contre la désinformation», qui proteste contre les médias et les journalistes accusés de critiquer l’État d’Israël (dont Enderlin), ce qui à ses yeux est évidemment en soi un crime.

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