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Succès de la semaine internationale contre l’apartheid israélien

Des campus universitaires dans plus de quarante pays à travers le monde ont marqué cette semaine par des conférences, des films, des événements multimédia, des spectacles culturels et des défilés protestataires contre la « ségrégation raciale » imposée par Israël.

Lancée au Canada en 2005, l’opération Semaine contre l’apartheid israélien a recueilli cette année 45 adhésions, dont la plupart dans les pays anglo-saxons : elle a lieu dans 10 universités canadiennes, 8 universités des Etats-Unis, 5 universités britanniques, 5 universités sud-africaines. L’Italie, avec 3 adhésions, est à parité avec les Pays-Bas.

Deux articles, l’un de Danna Harman dans Haaretz (Universities across the globe mark Israeli Apartheid Week) et l’autre de Carioti Antonio dans Il Corriere della Sera (Le università alla ?guerra ? contro Israele) rendent compte de la prise de conscience et de la mobilisation universitaires « contre la politique de l’état d’Israël ».

Depuis l’appel de la société civile palestinienne au Boycott, au désinvestissement et aux sanctions ?(BDS) en 2005, ces manifestations sont devenues, « ?l’un des jalons majeurs dans l’agenda de la solidarité avec la Palestine ?

« L’objectif est de « de mettre en œuvre à l’encontre d’Israël des mesures punitives comme celles qui ont frappé l’Afrique du Sud, non seulement sur le plan économique, mais dans les domaines culturels et académiques » note le Corriere della Sera.

Même si les habitudes de complaisance à l’égard d’Israël restent pregnantes dans le monde universitaire, on s’inquiète d’autant plus en Israël, de ces protestations que des Israéliens y prennent part.

Le quotidien Haaretz note ainsi : « Il est prévu que Shir Ever, chercheur en économie au Centre d’information alternatif de Jérusalem, donne à l’université d’Amsterdam une série de conférences sur le thème ?La politique économique d’Israël peut-elle être considérée comme une forme d’apartheid ?

Le réalisateur militant Shai Carmeli-Pollak diffuse dans des universités de la région de Boston son documentaire de 2006 Bil’in Habibti (Bil’in, mon amour) sur la violence des militaires.

Jeff Halper, professeur d’anthropologie en Israël et coordonnateur du comité israélien contre les démolitions de maisons, présente à l’université de Glasgow ?L’apartheid israélien. Les raisons de la campagne BDS ?

« La participation de plusieurs Israéliens dans des manifestations anti-sionistes est ?atroce ? a déclaré David Katz, membre du Comité juif des députés britanniques.

Parmi les efforts pour contrebalancer les manifestations de la Semaine contre l’apartheid, une association juive a sollicité Benjamin Pogrund, venu d’Afrique du Sud pour s’installer en Israël, afin qu’il explique aux étudiants britanniques pourquoi Israël n’est pas un état ségrégatif.

La stratégie de ceux qui cherchent la destruction d’Israël est de nous assimiler à l’Afrique du Sud, un état paria qui avait dû subir des sanctions internationales ?, a-t-il déclaré », en oubliant de dire qu’Israël avait été le seul État à collaborer jusqu’au bout avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, y compris militairement.

Le boycott universitaire souligne que les institutions académiques israéliennes n’ont jmais condamné l’occupation israélienne ni même les massacres à Gaza et ne sont pas gênées de contribuer à la recherche scientifique à des fins militaires.

L’historienne turinoise Diana Carminati, qui a publié l’an dernier avec Alfredo Tradardi un livre intitulé « Boycotter Israël », fait remarquer : « En Italie, nous sommes loin derrière le monde anglo-saxon dans la dénonciation du sionisme et de la complicité qui existe entre les universités et l’appareil militaire israélien. Et pourtant des projets de recherche sont susceptibles d’applications guerrières, par exemple dans le secteur des nanotechnologies, projets auxquels participent aussi des organismes de notre pays. Bien entendu, il s’agit de refuser les relations institutionnelles avec les universités israéliennes, et certainement pas les contacts personnels. Je voudrais d’ailleurs rappeler que les premiers à proposer, dès 2002, le boycott académique font partie du corps professoral juif et israélien : les époux Hilary et Steven Rose, le juriste Richard Falk, la linguiste Tanya Reinhart, l’historien Ilan Pappé ? » .

Un document signé par quatre éminents scientifiques des universités de Florence, Pise et Milan, intitulé ? »Droit à l’étude et liberté académique en Palestine ?, souligne pour sa part les souffrances et les restrictions subies par les enseignants et les étudiants en Cisjordanie et à Gaza et lance un appel « en faveur des onze universités palestiniennes qui connaissent des conditions tragiques ».


(Traduit de l’anglais et de l’italien et synthétisé par Anne-Marie Perrin)
CAPJPO-EuroPalestine

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