Dans l'actu

Sous la pression du boycott, Veolia laisse tomber la majorité de son business en Israël

Ali Abunimah

Les militants des campagnes en faveur de la Palestine ont obtenu une victoire importante lorsque le groupe français de services municipaux Veolia a liquidé la plupart de ses affaires liées à l’occupation israélienne en Cisjordanie.

Des activistes de la Boston Jewish Voice for Peace protestent à l'extérieur de la Harvard Kennedy School contre une conférence donnée par le CEO de Veolia, Mark Joseph, le 14 novembre 2012. (Tess Scheflan / ActiveStills)

Des activistes de la Boston Jewish Voice for Peace protestent à l’extérieur de la Harvard Kennedy School contre une conférence donnée par le CEO de Veolia, Mark Joseph, le 14 novembre 2012. (Tess Scheflan / ActiveStills)

La société a fait savoir qu’elle avait vendu ses « activités dans le domaine de l’eau, des déchets et de l’énergie en Israël » à une société privée de Los Angeles, Oaktree Capital Management.
Mais Veolia reste impliqué dans un important projet de colonisation, le métro léger de Jérusalem.

Sous la pression du boycott

Depuis plusieurs années, la société est l’une des cibles principales des BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) dirigés depuis la Palestine.

« L’activisme BDS de la base à travers le monde a rendu très difficile pour Veolia de décrocher des contrats publics dans certaines parties de l’Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient, et la société n’a eu d’autre choix que de réduire considérablement son implication dans les projets illégaux d’Israël », a expliqué Mahmoud Nawajaa, coordinateur général du Comité national palestinien des BDS (BNC), dans une déclaration.

« Quelque 10 autorités publiques en Irlande et en Grande-Bretagne ont introduit une politique officielle évinçant Veolia des contrats publics », fait remarquer la déclaration du BNC. « Les conseils d’au moins 25 villes, dont Londres, Stockholm et Boston ont choisi de ne pas octroyer ou renouveler des contrats avec Veolia suite aux campagnes publiques soutenues par des dirigeants de communautés locales, des églises, des syndicats et des partis politiques traditionnels. »

Divers fonds de retraite et d’investissement ont aussi désinvesti de Veolia en raison de son rôle dans les colonies israéliennes implantées dans les territoires palestiniens occupés.

Un haut responsable de Veolia a admis que la campagne mondiale « nous a fait perdre d’importants contrats ».

La campagne de boycott contre Veolia avait été lancée à Bilbao, dans le Pays basque espagnol, en novembre 2008, afin de mettre la pression sur la société pour qu’elle cesse toute implication dans les projets illégaux israéliens utiles aux implantations dans les territoires palestiniens occupés, fait encore remarquer le BNC.

Veolia, qui profite de la privatisation de services publics, a également été la cible d’actions en raison de ses pratiques dans l’emploi et de ses pratiques environnementales.

Réparations

Mais, déclare le BNC, « via sa participation dans Veolia Transdev, Veolia continue à être impliquée dans le métro léger et illégal de Jérusalem, qui relie les colonies israéliennes à Jérusalem-Ouest ».

La société a toutefois annoncé son intention de vendre sa part dans le métro léger. Néanmoins, a expliqué Mahmoud Nawajaa, la campagne contre Veolia va se poursuivre.

« Le seul but du métro léger de Jérusalem est d’augmenter l’attrait et de faciliter l’expansion des colonies illégales israéliennes via le vol des terres palestiniennes », a expliqué Mahmoud Nawajaa. « Nous continuerons à boycotter Veolia jusqu’au moment où la société mettra un terme à sa participation dans le projet de métro léger et qu’elle paiera des dommages et intérêts aux communautés palestiniennes victimes de son soutien à la colonisation par Israël des terres palestiniennes. »

« Des sociétés internationales ne peuvent tout simplement profiter des crimes de guerre israéliens puis s’en aller quand la situation s’envenime, sans avoir à rendre des comptes », a ajouté Mahmoud Nawajaa.

Comme l’a rapporté The Electronic Intifada, le métro léger de Jérusalem est directement associé aux forces d’occupation israéliennes dans la détention d’enfants palestiniens.

N’empêche, le retrait de Veolia d’Israël et de ses colonies est une preuve marquante que même les sociétés internationales les mieux financées et les mieux implantées ne peuvent rester à l’abri des pressions soutenues de la base.


 

Publié le   avril sur The Electronic Intifadah. Traduction : JM Flémal.

abunimahAli Abunimah, journaliste palestino-américain est le cofondateur de ’The Electronic Intifadaet auteur du livre « One Country : A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse »
Vous trouverez de nomvbreux articles d’Ali Abunimah en français sur ce site.

On peut suivre Ali Abunimah sur Twitter : @AliAbunimah

Print Friendly, PDF & Email