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Denis Sieffert : l’absence de toute perspective politique, «champ clos du désespoir», représente un grave danger

Denis Sieffert, directeur de la publication de Politis, hebdomadaire français de gauche, présente son dernier éditorial : « La charge symbolique du conflit israélo-palestinien marque profondément les relations entre le monde arabe et l’occident », juge-t-il.

Il attire aussi, très justement, l’attention sur le piège que l’absence de toute perspective politique représente pour la cause palestinienne.

Résumons la situation :

  • Israël ne laisse envisager que la perpétuation d’une occupation de plus en plus violente et la continuation de la dépossession systématique et planifiée, ce qui constitue « le champ clos du désespoir » pour les Palestiniens,
  • la soi-disant « Autorité Palestinienne » [1] n’est plus que l’auxiliaire de l’occupant pour assurer la sécurité de celui-ci (exclusivement)
  • le Hamas a beau accrocher des milliers de ses drapeaux dans les rues de Gaza (ce qu’il en reste), il n’a plus guère d’influence sur le cours des événements
  • la « communauté internationale » regarde ailleurs, et comme elle en a pris l’habitude depuis des dizaines d’années, « couvre » les crimes d’Israël, tout en continuant à financer l’occupation de la Palestine sous couvert d’aide humanitaire.

Dans ce contexte, il risque, dit Denis Sieffert, d’y avoir « un déplacement vers la question religieuse« , voire une influence grandissante de groupes comme Daesch, parmi une population où l’idéologie de ces groupes a eu, jusqu’ici, moins de prise que partout ailleurs dans le monde arabe.

Il faut en finir avec des mesures purement symboliques comme le drapeau palestinien hissé devant les Nations-Unies et la reconnaissance partielle de l’État palestinien, et passer enfin aux sanctions contre Israël pour imposer le respect du droit international.

L.D.



[1] L’Autorité palestinienne ne représente pas le peuple palestinien (en particulier les réfugiés) et n’est en théorie pas mandatée pour négocier avec Israël dans le contexte du Conflit israélo-palestinien. Cette prérogative a été laissée à l’OLP qui est reconnue internationalement comme seul représentant du peuple palestinien et qui occupe le siège de la Palestine à l’ONU. Quant à Mahmoud Abbas, présenté par les médias dominants comme « Président palestinien », son mandat est venu à échéance en 2009. –  NDLR.

Denis Sieffert est notamment l’auteur de « La guerre israélienne de l’information » (avec Joss Dray – Ed. La Découverte – 2002) et de « La nouvelle guerre médiatique israélienne » (Ed. La Découverte – 2009)

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