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Sept ans, c’est le bon âge pour un premier interrogatoire par le Shin Bet, non ?

Le juin 10 dernier, la famille Za’akik du village cisjordanien de Beit Omar se réveilla en entendant des coups violents à la porte de la maison. Le père de la famille a ouvert, et trois soldats israéliens sont entrés dans la maison. L’un d’eux, que le père croyait être le commandant, demanda le garçon, M.

Son père – raconte Amira Hass dans Haaretz – a dit au soldat que M. a sept ans, et lui a montré son « ID » (carte d’identification), indiquant la date de la naissance de l’enfant : le 17 septembre 2002.

La mère a remarqué que l’officier se mit à rire en voyant le document, mais il a n’en a pas moins délivré une assi­gnation destinée au garçonnet,  convoqué pour rencontrer le lendemain matin le capitaine Tamir « des services de sécurité du Shin Bet, dans les bureaux du Coordonnateur de l’activité gouvernementale dans les Territoires (COGAT), dans le bloc de colonies du Goush Etzion.

Le formulaire de convocation, quoique imprimé en arabe et en hébreu, n’avait été complété qu’en hébreu seulement. La famille n’avait donc aucun moyen de se rendre compte que le nom indiqué n’était pas en réalité celui de leur fils, mais celui d’une personne avec le même prénom, appartenant à la famille des Za’arir. Mais il n’existe pas de famille Za’ari dansd le village de Beit Omar.

Apparemment, pour un officier israélien, le fait que les services de sécurité convoquent pour interrogatoire un enfant de sept ans n’a rien de tellement surprenant. Pas au point, en tous cas, qu’ils imaginent qu’il pourrait s’agir d’une erreur ce qui les conduirait à constater qu’il ne porte pas bon nom et qu’il ne réside pas dans le bon village…

Cette histoire fait irrésistiblement penser au génial film “Brazil”, de Terry Gillam…

Dans ce cas, cependant, les choses se sont arrangées grâce à l’intervention de l’organisation « Defence for Children International – Palestine » (également présente en Belgique sous le nom de DEI-Belgique), et le porte-parole du Shin Bet a présenté des excuses, en affirmant que “le Shin Bet ne convoque pas des enfants pour interrogatoire” et qu’il s’agit d’une simple erreur.

Il n’en reste pas moins que, en mai de cette année, “Defence for Children International – Palestine” dénombrait 305 enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, dont 25 ont entre 12 et 15 ans. Trois d’entre eux étaient maintenus en « détention administrative », sans qu’aucune accusation précise soit portée contre eux et sans jugement. Ces chiffres sont en baisse relative (au début de 2009, il y avait plus de 400 enfants pales­tiniens détenus dans les geôles d’Israël).

Il y a quelques semaines, Defence for Children International avait par ailleurs dénoncé 14 cas de menaces, d’agressions ou de tortures à caractère sexuel contre des enfants palestiniens. Un quinzième cas – celui d’un jeune garçon à qui des câbles électriques ont été branchés sur les parties génitales pendant un interrogatoire – s’y est ajouté.

On peut trouver de nombreuses informations supplémentaires, et des exposés de cas concrets, dans le « Detention Bulletin » [en] diffusé par Defence for the Children-Palestine, que l’on peut consulter (PDF) en cliquant ICI.

 

 

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