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Selon la Banque Mondiale, 10% seulement des habitants de Gaza ont un accès sûr à l’eau potable

La Banque Mondiale dénonce l’aggravation de la crise de l’eau dans la Bande de Gaza. Elle déclare la situation dans l’enclave palestinienne assiégée “alarmante” et réclame des mesures immédiates.

Dans une déclaration publiée par son spécialiste des problèmes d’eau et d’assainissement, Adnan Ghosheh, la BM estime que 10% seulement de la population de la Bande de Gaza dispose d’un accès sûr à l’eau potable, indique l’agence palestinienne Ma’an. “Tant d’eau a été pompée dans les nappes aquifères naturelles du sous-sol de Gaza depuis la fin des années 1990, que de l’eau de mer s’est infiltrée à l’intérieur, la rendant trop salée pour être consommée”, explique Adnan Ghosheh. “Il y a quelque 150 opérateurs qui fournissent une quelconque forme d’eau désalinisée, qui a été filtrée afin de la rendre acceptable pour la boisson ou pour cuisiner. C’est onéreux, et ce n’est pas une eau conforme à notre définition d’une eau convenable pour la consommation humaine”.

Ghosheh a ajouté que les quantités d’eau fraîche importées en vertu des “Accords d’Oslo” de 1993, dans l’enclave palestinienne soumise au blocus d’Israël sont insuffisantes pour faire face aux besoins de la population. La Banque Mondiale a soutenu des projets de la “Palestinian Water Authority” en vue de construire une usine de désalinisation d’eau de mer, afin de remédier à la rareté de l’eau potable, mais la réalisation de ce projet (comme de beaucoup d’autres projets destinés à faire face aux pénuries dont souffre la population civile) se heurte à la grave pénurie d’énergie électrique.

Ghosheh a souligné que le gouvernement israélien a récemment approuvé, 3 ans après que la demande lui en ait été faite, l’utilisation d’une ligne d’alimentation électrique spécialement consacrée à permettre le fonctionnement d’une usine d’assainissement des eaux usées, elle aussi financée par la Banque Mondiale.

Entretemps, la situation a encore été dégradée par les dégâts infligés aux infrastructures de distribution d’eau lors de d’offensives militaires israéliennes contre la Bande de Gaza. Les infrastructures de Gaza sont loin d’avoir été remise en état après trois agressions militaires israéliennes dévastatrices au cours des six dernières années.

Sans compter que le blocus a plongé la population de plus de 1,8 million d’habitants dans une extrême pauvreté, en raison d’un taux de chômage pratiquement sans équivalent dans le monde. La lenteur de la reconstruction, quand elle a lieu, n’arrange bien entendu rien, et Adnan Ghosheh ne peut que confirmer que, comme l’ont annoncé les Nations-Unies, la Bande de Gaza sera devenue inhabitable en 2020.

Si nous commençons immédiatement à mettre en œuvre les mesures destinées à assurer la fourniture d’eau et à améliorer la gestion de la ressource, les nappes aquifères pourraient de régénérer et s’assainir”, dit-il. “Mais si ces mesures ne sont pas effectivement en place avant 2020, et de l’eau fournie par une usine de désalinisation ne vient pas remplacer l’eau qui est pompée, si des installations d’assainissement des eaux usées ne sont pas construites, nous connaîtrons un processus irréversible”.


Source : Ma’an et Banque Mondiale

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