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Les marchands de technologies sécuritaires israéliens font le siège de la Ville de Bruxelles et de la police fédérale

Les événements sanglants de Paris ont bien profité à l’“industrie de la sécurité” israélienne, tout comme les attentats du 11 septembre aux États-Unis avaient contribué à gonfler ses carnets de commande, rapport Haaretz. Et la prolongation de l’état d’alerte “niveau 4” à Bruxelles ne peut qu’y contribuer un peu plus. Les firmes israéliennes se pressent déjà au chevet de la Ville de Bruxelles et de la police fédérale…

Les attentats terroristes contribuent à accroître la demande pour les “technologies de la sécurité intérieure”, dont des industriels israéliens se sont fait les champions. Ils ont déjà enregistré des marques d’intérêt et des commandes consécutives aux événements de Paris le 13 novembre, venant notamment de Belgique, d’Allemagne et d’Italie, selon Florian Leibovici, un commercial de chez BriefCam, une société qui vend (pour environ 6 millions de dollars US par an) une technologie qui permet aux enquêteurs de visionner plus efficacement et surtout plus rapidement des enregistrement vidéo dans le but de repérer des “activités suspectes”.

La firme Terrogence, qui vend des systèmes sophistiqués basés sur le web notamment pour la collecte automatisée d’informations (par exemple sur les réseaux sociaux), les bases de données biométriques, etc. a déjà enregistré une hausse de la demande venant de gouvernements européens, et plus particulièrement de ceux qui “ont une importante population d’immigrés”, selon son CEO, Shai Arbel. Les pays où doivent se dérouler dans les années à venir de grands événements internationaux, tels que le Brésil et le Japon, sont également des débouchés potentiels importants pour Terrogence.

Haaretz cite d’autres sources du secteur de l’industrie israélienne de la sécurité selon lesquelles il faut s’attendre dans les mois qui viennent à une hausse sensible des budgets consacrés aux technologies sécuritaires en Europe. Le patron de “Mer Group”, Marian Cohen, qui propose des technologies dont Georges Orwell avait peuplé ses cauchemars, emballées dans un discours sucré, ne fait pas mystère du fait qu’il augmente ses dépenses de marketing en prévision de cette hausse “spontanée”, de manière à se positionner au mieux pour en profiter.

Selon le “Israel Export Institute”, les exportations israéliennes de technologies sécuritaires devraient représenter cette année ±1,2 milliard de dollars US, tout comme en 2014.

Mais à partir de l’année prochaine, “les budgets vont augmenter, et les procédures qui devraient en temps normal prendre un an vont être accélérées et ramenées à quelques mois, compte tenu de la situation critique qui s’est créée. Nous sommes en contact avec la Ville de Bruxelles et la police fédérale, qui sont intéressées”, déclare Leibovici (BriefCam) à Haaretz. On sait que la Ville de Charleroi, notamment, a déjà fait appel il y a plusieurs années à des technologies israéliennes pour un réseau de caméras sur la voie publique, dont les images sont transmises par une technologie sans fil.

La foire commerciale aux technologies sécuritaires “Milipol” se tenait à Paris juste après les attentats du 13 novembre. Pendant quatre jours, elle a reçu 25.000 visiteurs. 24 compagnies israéliennes y étaient représentées. “Il y avait beaucoup plus de monde que d’habitude, et nos produits ont reçu beaucoup d’attention, mais on s’est rendus comptes que les véritables décideurs étaient beaucoup trop occupés sur le terrain, et qu’on a surtout reçu la visite de leurs collaborateurs relativement jeunes”, dit Marian Cohen, cité par Haaretz.

L.D.

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