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Sale temps pour TEVA, dont “le rêve tourne au cauchemar

Si on en croit le quotidien israélien Haaretz, le “roi du médicament générique” TEVA croule sous les dettes, a largement perdu la confiance des investisseurs, son action s’écroule à la bourse et “le rêve du producteur de médicaments israélien tourne au cauchemar”.

C’est une occasion unique de créer un groupe pesant 100 milliards de dollars”, avaient expliqué les dirigeants de TEVA Phamaceutical Industries lorsque la firme avait fait une offre pour le rachat de son concurrent Mylan, pour 40 milliards de dollars, il y a près de deux ans. Mais le marché n’a jamais été conclu, et en juillet 2015 TEVA a annoncé le rachat de Actavis Generic, pour 35 milliards de dollars. TEVA avait alors expliqué que Actavis Generic était l’investissement qui avait sa préférence.

Mais cinq mois après la finalisation de l’opération selon ses vœux, l’action TEVA a perdu 36% de sa valeur. Les actionnaires sont semble-t-il arrivés à la conclusion que les rêves conquérants de TEVA est en train de tourner au cauchemar, et qu’au lieu de créer de la valeur pour eux le groupe va avoir bien du mal à faire face à une dette de 36 milliards de dollars accumulée en quelques années pour l’acquisition de Actavis et de quelques autres acteurs mineurs du marché du médicament.

Après la publication de ses prévisions de résultats pour 2017, très en retrait par rapport à ses propres prévisions publiées en juillet 2016, l’action TEVA a subi une chute de 7,5% vendredi dernier à la bourse de New York, avec un volume d’échanges énorme de 1 milliard de dollars, tandis que sur le marché obligataire les obligations TEVA sont soumises à une forte tension, ce qui indique une nette perte de confiance des investisseurs.  A la bourse de Tel Aviv, le titre TEVA a perdu 5,5% dimanche.

Les données financières publiées mettent en évidence que TEVA dégage de moins en moins de cash flow, de sorte que sa capacité à faire face à ses échéances et à payer ses dettes est désormais mise en doute. Cela dépendra largement de la capacité de TEVA à atteindre ses objectifs commerciaux pour le lancement de deux médicaments nouveaux, qui ne sont pas des “génériques” : le SD-809 pour le traitement de la maladie de Huntington et de la dyskinésie tardive, et le TEV-48125, pour le traitement de la migraine épisodique ou chronique. La mise au point de ces produits est supposé s’achever en 2017.

Dans ce contexte, dit Haaretz, le scepticisme n’a cessé de croître par rapport à la capacité du patron de TEVA, Erez Vigodman, à mener à bien la réalisation des “synergies” qu’il a promises aux actionnaires, qui n’ont cessé d’avoir de mauvaises surprises au cours de l’année écoulée.

Pire encore : les prévisions financières de TEVA reposent sur le postulat que son produit phare, le Copaxone 40 mg/ml, ne rencontrera pas de concurrence de produits génériques, ce qui n’est pas l’avis de la plupart des analystes. Cela ne peut qu’accentuer la méfiance des investisseurs, qui attendent des décisions de la Justice des États-Unis à propos de plusieurs brevets qui protègent le Copaxone contre la concurrence des producteurs de génériques, et qui sont contestés.

Si des génériques concurrents du Copaxone peuvent être prochainement lancés sur le marché des États-Unis, cela impliquerait une perte de revenus pour TEVA estimée à 2,6 milliards de dollars en 2017.

Pour mémoire, TEVA est une des cibles privilégiées de la campagne BDS.
Plusieurs articles concernant TEVA sont disponibles sur ce site.

 

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