Dans l'actu

Rencontrer la résistance pour la Palestine à Beyrouth

Myriam De Ly

La 4e Convention globale pour le Retour en Palestine s’est tenue les 12, 13 et 14 mars à Beyrouth au Liban. Elle a accueilli 350 personnes de 85 pays de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine, de l’Australie, de l’Europe et des Etats-Unis.

D’importantes délégations des pays du Sud étaient présentes à la Convention

Parmi eux, de très nombreux Palestinien.ne.s de la Palestine occupée, des camps au Liban et de la diaspora, des familles des martyrs et des prisonniers, des représentants des mouvements de résistance au Liban, des responsables religieux, des Juifs anti-sionistes, des journalistes, des artistes, des parlementaires, des avocats, des membres d’ONG, des activistes de la campagne BDS des quatre coins du monde… Tou.te.s ensemble, si près de la Palestine, le pays et la cause qui les a uni.e.s.

Latifa Abu Hameed (« Um Nasser ») est une réfugiée palestinienne du village de Um Shusha. Elle vit dans le camp de réfugiés d’Ama’ri, près de Ramallah. Elle a quatre enfants en prison, condamnés à vie. Un de fils a été tué par l’occupation.

La Convention a été lancée par une cérémonie d’ouverture le dimanche 11 au soir. Pendant les conférences de lundi 11 et mardi 12, nous avons pu entendre de nombreux témoignages de Palestinien.ne.s de l’intérieur. Des échanges ont eu lieu sur le travail de la société civile dans les différents pays.

Les parents de Rachel Corrie à la cérémonie d’ouverture. Jocelyne, la mère de Tom Hurndall, était également  présente à la Convention. 1

Des commissions se sont réunies à propos de la déclaration de Trump concernant Jérusalem, concernant la « normalisation » des relations avec l’Etat d’apartheid, et concernant le retour des réfugiés. Des conclusions ont été prises pour des axes de travail et de coordination au niveau international.

Zanan, Palestinienne vivant en Jordanie, active dans le soutien aux agriculteurs palestiniens et Samira, Tunisienne, active dans le secteur culturel

Les échanges entre participants se poursuivaient évidemment pendant les repas et les pauses, des liens se sont tissés à chaque moment de la journée. Des activités culturelles ont eu lieux pendant les soirées. Pendant les échanges, nous avons souvent évoqué le sort de Georges Ibrahim Abdallah, arbitrairement détenu en France depuis 34 ans, qui attend le retour vers son pays, le Liban.

Nidal, Palestinien, survivant des massacres de Sabra et Chatila, et Hamdan, représentant de la Communauté palestinienne en Belgique et au Luxembourg

J’ai été appelé une intervention sur le travail en Belgique et j’ai eu l’occasion de parler parler de la campagne BDS, de l’arrêt de la collaboration de la KULeuven avec la police israélienne, grâce à la mobilisation des profs, des étudiants, et d’autres comités, de la criminalisation de BDS, en particulier en France et de notre campagne photos pour montrer le soutien au boycott d’Israël.

Au troisième jour de la Convention, six autocars ont amené les participants dans le Sud-Liban. Nous nous sommes rendus sur une des montagnes à partir desquelles de jeunes Libanais ont combattu et chassé l’occupant israélien et où se trouve actuellement le musée de la résistance Mleeta.

Puis, passant par les villages frontaliers, nous avons visité le site de Maroun-al-Ras, où plusieurs Palestiniens ont été tués en 2011, lors de la Marche du Retour. Ce fût un moment émouvant pour tou.te.s, en particulier les Palestinien.ne.s de voir la Palestine occupée et ne pas pouvoir s’y rendre.

Un couple de l’Inde et des Palestiniens, regardant le pays occupé

La participation à cette Convention m’a bouleversée très positivement. Quitter son petit coin confortable en Europe et rencontrer  la résistance palestinienne et libanaise, les victimes de l’apartheid et ses soutiens dans le monde fut une super belle expérience.

 

Print Friendly, PDF & Email

Notes   [ + ]

1. Rachel Corrie et Tom Hurndall ont tous deux donné leur jeunesse pour le peuple palestinien : Rachel a été tuée par un bulldozer de l’armée israélienne à Rafah en 2003; la même année, Tom Hurndall, journaliste et activiste d’ISM, a reçu une balle dans la tête par un sniper israélien. Après un coma de neuf mois dans un hôpital londonien, Tom avait perdu sa lutte pour la vie.

2 Trackbacks & Pingbacks

  1. Quand cesserons-nous de déshumaniser les Palestiniens ? – Pour la Palestine
  2. Manifestation combative pour Georges Ibrahim Abdallah à Paris – Pour la Palestine

Les commentaires sont fermés.