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Rahm Emanuel quitte le navire Obama

Rahm Emanuel, le “chief of staff” d’Obama a annoncé sa décision de quitter ses fonctions vendredi (1/10) pour se consacrer à la conquête de la mairie de Chicago.

Rahm Emanuel avait été le premier de ses collaborateurs dont Obama avait annoncé la nomination, après son élection.

Clinton_rabin_arafatAuparavant, Rahm Emanuel avait été au service de Bill Clinton. Il est à l’origine d’une des images les plus célèbres de la présidence Clinton : il avait a supervisé, jusqu’à la chorégraphie, la poignée de mains “historique” entre Rabin et Arafat lors de la signature, en 1993, des funestes accords “de paix” d’Oslo, qui ont abouti à dégrader fortement la situation de la population palestinienne, à renforcer la colonisation et à diviser les forces politiques palestiniennes.

Il y a gros à parier que, contrairement aux négociateurs palestiniens, Rahm Emanuel savait parfaitement ce qui se jouait ce jour-là.

Rahm Emmanuel est le fils d’un immigré israélien. Son père était un vétéran de l’Irgoun, la milice extrémiste juive du fascisant Vladimir Jabotinsky avant la proclamation d’Indépendance d’Israël [1]. Comme son paternel, ce juif très pieux a toujours été un féroce supporter d’Israël.

Peu avant la première guerre du Golfe, en 1991, Rahm Emanuel s’était porté volontaire, en tant que mécanicien, auprès d’un bureau de recrutement de l’armée israélienne. Durant deux mois, il a réparé des blindés près de la frontière libanaise.

Surrounded by personal security guards, White House Chief of Staff Rahm Emanuel (C) and his son (unseen on the right) visit the Wailing Wall, Judaism's holiest site, in Jerusalem's Old City on May 27, 2010. Two right-wing Israeli activists were arrested after they heckled Rahm Emanuel as he toured Jerusalem's Old City, police said. Rahm Emanuel is on a generally private visit, to attend his son's Bar Mitzva, but he also met with Benjamin Netanyahu and delivered an invitation for talks with US President Barack Obama next week. AFP PHOTO/STR     ++ ISRAEL OUT ++ (Photo credit should read -/AFP/Getty Images)

Entourés de gardes du corps, Rahm Emanuel  et son fils se sont rendus au “Mur des Lamentations” dans la vieille ville de Jérusalem le 27 mai 2010. Le chef d’État-Major d’Obama en a profité pour rencontrer Benjamin Netanyahou.

Son style et ses prises de positions guerrières en politique ont valu à Emanuel le sobriquet de “Rahm-bo”. Décrit par le quotidien Chicago Sun Times comme “mordant, impitoyable, froid, arrogant et manipulateur”, il quitte le navire Obama pour partir à la conquête de Chicago.

Vendredi soir, le chroniqueur médiatique français Jean-Michel Apahatie, qui quand il parle d’Israël évoque “ce petit État, né dans les circonstances tragiques qui résonnent encore dans nos consciences” (larme à l’œil de rigueur, svp), faisait sur Canal + ce commentaire :

« Tous les conseillers d’Obama sont en train de partir, dont mon préféré, Rahm Emanuel. On ne le note pas assez, mais l’appel Démocrate de Chicago c’est le plus pourri des États-Unis. Les affaires en France, la mairie de Paris, c’est rien à côté. Rahm Emanuel, qui travaillait avec Obama qui est paré de toutes les vertus de la terre, quitte la Maison Blanche pour devenir maire de Chicago ».


 

[1] cela lui fait un point commun non négligeable avec Benjamin Netanyahou, dont le père fut le secrétaire particulier de Vladimir Jabotinsky, et qui a quitté Israël – trop “socialiste” – à son goût pour élever aux États-Unis ses fils dans le fidèle souvenir de Jabotinsky.

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