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Racisme ordinaire à Safed : l’appel à la haine des rabbins a porté ses fruits

Nous avons fait écho, le 20 octobre dernier, aux tensions dans la ville israélienne de Safed, où des rabbins ont tenu  – alors que la ville connaît une pénurie de logements, tout spécialement pour les étudiants – à rappeler à la population juive que leur religion leur interdit de vendre ou de louer des logements à des Arabes.

Il y a quelques jours, des étudiants arabes qui partagent un appartement dans le centre de Safed ont été agressés, alors qu’ils se trouvaient chez eux, par une trentaine de jeunes juifs. Une agression nocturne, au cours de laquelle les assaillants ont tiré plusieurs coups de feu.

Haaretz indiquait dimanche qu’un membre de la police des frontières israélienne, Abraham Elmakis, et un de ses amis, Raziel Rubenstein, âgé comme lui de 20 ans, ont été arrêtés pour leur participation à cette agression à main armée.

L’arme utilisée n’était autre que l’arme de service de Elmakis, un fusil d’assaut M-16. Ils prétendent que le soir de l’attaque ils ont rencontré par hasard un groupe de jeunes dans un parc, et qu’ils ont discuté du problème que représente, pour eux, la présence d’un nombre croissant d’étudiants arabes dans la ville. Ils se rendirent alors en groupe devant l’immeuble où a eu lieu l’attaque, et ont commencé à crier des slogans racistes tels que “mort aux Arabes”, “musulmans puants” ou encore “un Juif a une âme, un Arabe n’est qu’un fils de pute”.

Ils ont ensuite jeté des bouteilles et des pierres dans un appartement, à travers les fenêtres. En réponse, les occupants de l’appartement auraient balancé divers objets dans la rue. C’est alors que, selon ses déclarations, Elmakis aurait passé son arme à Rubenstein, lequel aurait ouvert le feu sans cependant atteindre personne.

Cet incident démontre à quel point la population palestinienne d’Israël – soumise à de nombreuses discriminations inscrites dans les lois israéliennes – est en outre en butte au racisme proclamé d’une part croissante du groupe dominant de la société, constamment encouragé par le gouvernement, le parlement et jusqu’aux autorités religieuses juives.

 

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