Dans l'actu

Quoique refusant d’adhérer au Traité de non-prolifération, Israël bénéficie d’une intense coopération nucléaire internationale

Le réacteur nucléaire israélien de Dimona est impliqué dans 65 projets de recherche avec des agences nucléaires étrangères, parmi lesquelles le Département de l’Énergie des États-Unis, l’Agence étatsunienne de protection de l’environnement, l’Union Européenne (le “Joint Research Center”), le Commissariat à l’Énergie Atomique français (par un heureux hasard “Énergie Atomique” et “Énergies Alternatives” ont les mêmes initiales) et l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique.

Or, on peut tenir pour établi qu’Israël, qui n’a jamais signé le Traité de Non-prolifération des armes nucléaires et qui soustrait ses installations nucléaires à tout contrôle international, dispose de 115 armes nucléaires au moins. La marine israélienne dispose par ailleurs de sous-marins ayant la capacité de lancer des missiles à têtes nucléaires (qui peuvent donc potentiellement atteindre tous les points du globe terrestre), en grande partie offerts par les contribuables allemands.

 

La “Une” du Sunday Times du 5 octobre 1986

La “Une” du Sunday Times du 5 octobre 1986

Israël a toujours maintenu volontairement une ambiguïté à propos de son statut de puissance nucléaire, qui a été acquis dans les années 1950 grâce à la complicité du gouvernement “socialiste” de la France : sans démentir disposer de l’arme atomique, les gouvernements israéliens successifs n’ont jamais confirmé quoi que ce soit ou donné aucun détail.

Les informations sur l’implication du réacteur de Dimona dans des programmes de recherche internationaux publiées mercredi par le quotidien Haaretz proviennent d’un exposé réalisé par le directeur du “Centre de recherches nucléaires du Néguev” (le nom officiel du réacteur de Dimona), le Dr. Ehud Netzer, lors d’une conférence réunissant 350 spécialistes israéliens et étrangers du nucléaire à Tel Aviv. Dans le passé, note Haaretz, la censure militaire a fréquemment interdit la publication d’informations sur de tels programmes de coopération.

Le Dr. Ehud Netzer a précisé que les programmes de recherche auxquels le centre de Dimona est associé ont donné lieu à la publication de 80 articles scientifiques l’an dernier. Il n’a toutefois donné aucun détail sur la nature des projets en question. Selon Chaim Levinson, qui signe l’article de Haaretz, il s’agirait – “sur base de conversations avec des scientifiques assistant à la conférence” – non des usages militaires de l’énergie nucléaire mais de problèmes ayant trait à la sécurité nucléaire, à la protection des travailleurs contre les radiations et au traitement des déchets nucléaires.

Cependant, note encore Chaim Levinson,“aucun scientifique étranger n’est jamais entré dans le réacteur de Dimona. Tous les contacts avec des représentants de pays étrangers ont lieu dans les installations du réacteur de Soreq.”


Source : Haaretz

Print Friendly, PDF & Email