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Quand l’administration Trump appuie l’OLP devant la Cour Suprême US et fâche la grande ZOA

On n’est jamais à l’abri d’une surprise : l’administration Trump s’est rangée aux côtés de l’OLP dans une procédure judiciaire devant la Cour Suprême des États-Unis, dans une affaire concernant le terrorisme. Les organisations de la droite sioniste, la “Zionist Organization of America” (ZOA) en tête, fulminent.

En 2015, un jury fédéral siégeant à Manhattan a jugé  que l’OLP doit indemniser six victimes d’ “attaques terroristes” qui se sont produites en Israël entre 2002 et 2004, pour un montant total de 656 millions de dollars US.

En appel, un an plus tard, cette décision a été annulée par une autre Cour. Et voilà donc l’affaire sur le point d’être jugée par la Cour Suprême. Dans des conclusions préliminaires déposées le mois dernier en vue de l’examen du dossier par la Cour Suprême, le “Solicitor General”, qui représente l’administration fédérale étatsunienne dans la procédure, s’est prononcé, sur base de considérations techniques, en faveur de la confirmation de la décision prise en degré d’appel, c’est-à-dire donc dans un sens favorable à l’OLP.

L’argumentation de l’administration Trumpfait mal aux victimes terroristes américaines, aide et réconforte les terroristes, et les rend moins soucieux de faire face aux conséquences de leurs actes hideux”, ont déclaré Morton Klein, président de la ZOA, et Susan Tuchman, directrice du “Centre pour le droit et de la justice” de la ZOA.

La Cour suprême dira d’ici le 29 mars si elle examinera le recours introduit par les plaideurs dans cette affaire, connue sous le nom de “Sokolow vs. OLP”. Le demandeur principal, Mark Sokolow, a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il est “choqué par le dépôt des conclusions du “Solicitor General”. Il estime que l’administration Obama 1 était intervenue au nom de l’OLP en 2015, persuadant le tribunal de district d’abaisser substantiellement la caution – généralement l’équivalent du jugement, en l’occurrence 656 millions de dollars – dont le dépôt permettait à l’OLP de déposer son recours.

 L’administration Obama avait alors soutenu que la sentence allait paralyser la capacité de l’Autorité palestinienne à fonctionner, ce qui constituerait un risque pour les intérêts américains dans la région.

Nous ne pensions pas que quelque chose de similaire proviendrait de cette administration”, a ajouté Sokolow.

Sokolow, sa femme et deux de ses filles ont été blessées dans un attentat-suicide à la bombe à Jérusalem en 2002 qui a tué un homme de 81 ans. Ses co-plaignants sont des familles de victimes d’attentats terroristes en Israël qui ont tué 33 personnes, dont plusieurs Américains, et en ont blessé plus de 450. Leur procès soutient que le président de l’OLP, Yasser Arafat, a payé les assaillants et leurs familles. Ils poursuivaient en vertu de la loi antiterroriste, qui permet aux victimes américaines d’attentats terroristes survenus à l’étranger de poursuivre en dommages-intérêts aux États-Unis.

En octobre 2017, 67 parlementaires républicains et démocrates des deux chambres du Congrès des États-Unis avaient exhorté le “Solicitor General” à soutenir les thèses de Sokolow. Le sénateur Chuck Grassley, Reépublicain de l’Iowa, qui a contribué à l’élaboration de la loi antiterroriste de 1992, a lancé une lettre signée par 23 sénateurs des deux partis, et des éditorialistes de feuilles d’extrême-droite s’en sont également mêlés, ce qui a achevé de politiser l’affaire.

James Glassman, qui fut un haut fonctionnaire du département d’État dans l’administration de George W. Bush, a écrit dans une tribune libre pour The Hill que le fait de prendre parti pour l’OLP dans cette affaire “ne contribuerait pas à faire avancer le processus de paix” (comme d’ailleurs, à suivre des thèses de la droite sioniste, d’une manière générale tout ce qui ne favorise pas les thèses de l’extrême-droite colonialiste israélienne). “En fait, c’est contre-productif”, a-t-il écrit. “Imposer des coûts réels et financiers à ceux qui utilisent et soutiennent le terrorisme est la bonne façon de parvenir à la paix”.

Un principe qui, s’il devait s’appliquer au gouvernement des États-Unis lui-même aurait ruiné ce pays en moins d’une semaine…

L.D.              

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Notes   [ + ]

1. Le Président Obama était considéré comme un ennemi acharné des Juifs par la droite sioniste, y compris le gouvernement Netanyahou, qui lui vouait une haine tenace alors que, par exemple, jamais aucun de ses prédécesseurs n’avait fait don d’une aide militaire aussi importante que lui – NDLR

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