Dans l'actu

Les prisonniers gazaouites privés de tout contact avec l’extérieur

Il y a actuellement 443 prisonniers politiques palestiniens résidents de la bande de Gaza qui sont enfermés dans des prisons israéliennes depuis 4 ans et privés de tout droit de visite et de toute communication avec l’extérieur par Israël, en totale violation du droit international, souligne l’association palestinienne Addameer.

Ce rappel intervient à l’heure de la commémoration du massacre par Israël de 1.419 hommes femmes et enfants par l’armée israélienne, il y a trois ans, au cours de la sauvage « opération Plomb durci » qui débuta le samedi 27 décembre 2008, au moment de la sortie des écoles, et qui dura jusqu’au 18 janvier 2009, faisant aussi 5.300 blessés et détruisant infrastructures les publiques (les écoles de l’UNWRA furent particulièrement ciblées) et plus de 6000 habitations.

Depuis juin 2007, Israël interdit aux prisonniers de la bande de Gaza, détenus dans ses prisons en toute illégalité (mais qui se soucie encore des Conventions de Genève, qui interdisent la déportation des prisonniers vers le territoire de la puissance occupante ?), de recevoir la moindre visite de leurs familles.

A Palestinian woman and her child walk in front of the rubble of a building following an Israeli airstrike in the Rafah refugee camp, southern Gaza Strip (AP Photo/Khaled Omar)

Une Palestinienne et son enfant traversent les ruines dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la Bande de Gaza Strip (AP Photo/Khaled Omar)

Et depuis novembre 2009, à cette punition collective s’en est ajoutée une deuxième : l’interdiction pour ces prisonniers de recevoir de l’argent de leurs familles afin de s’acheter les produits de première nécessité. Israël, dont le cynisme n’a pas de limite, a pondu une nouvelle réglementation pénitentiaire établissant que seuls les prisonniers dont un membre de la famille avait retiré cet argent, en personne, dans une banque israélienne, pouvait bénéficier de l’envoi d’argent ! Clause rigoureusement impossible à remplir pour les familles de Gaza, en raison du blocus instauré par Israël.

On trouve là un trait caractéristique de l’occupation israélienne : la mise en place d’une réglementation foisonnante kafkaïenne et d’une bureaucratie tentaculaire, qui donne à l’oppression un vernis de légalité fortement apprécié des protecteurs états-uniens et européens du colonialisme sioniste.

Les 443 prisonniers palestiniens venant de la bande de Gaza sont donc totalement isolés du monde extérieur, et ne sont même pas au courant des événements majeurs concernant leurs parents, y compris en cas de décès.

Et les familles de la bande de Gaza ne reçoivent aucune information sur leurs proches détenus en Israël.

Cette politique inhumaine et illégale a été condamnée par le Comité international de la Croix Rouge, et par le rapport de l’ONU sur l’offensive israélienne à Gaza *. Mais cela n’a pas empêché la cour suprême israélienne de rejeter le 9 décembre 2009 deux pourvois d’associations israéliennes et palestiniennes de défense des droits de l’Homme demandant le rétablissement du droit de visites pour ces prisonniers palestiniens.

Ce tribunal a statué que le droit pour les familles de rendre visite à leurs proches emprisonnés ne rentrait pas “dans le cadre des besoins humanitaires fondamentaux des résidents de la bande de Gaza qu’israël serait obligé de remplir » (sic). Cette position est conforme au mépris absolu d’Israël pour le droit international, qui perdurera aussi longtemps que durera l’impunité…

Addameer s’élève contre cette punition collective, liée aux choix fait par la population de la bande de Gaza lors des élections législatives de juin 2006, réaffirme qu’il s’agit là d’un crime de guerre, et en appelle à toutes les institutions internationales (ONU et autres) pour qu’elles obligent Israël à appliquer le droit de visite pour l’ensemble des prisonniers.


* dit « Rapport Goldstone », dont un seul des auteurs, soumis pendant des mois (en tant que juif) à une campagne de harcèlement d’une violence inouïe, a renié le contenu, au contraire réaffirmé par les autres membres de la mission d’enquête.

Addameer Prisoner Support and Human Rights Association
P. O. Box : 17338, Jerusalem
Tel :+972 (0)2 296 0446 / 297 0136
Fax : +972 (0)2 296 0447
Email : info@addameer.ps

Print Friendly, PDF & Email