L'actu

Pourquoi ces détecteurs de métaux à al-Aqsa sont-ils un si gros problème ?

Noa Levy

Pourquoi les Palestiniens sont-ils aussi remontés à propos des détecteurs de métaux à l’entrée d’Al-Aqsa ?

Permettez-moi de supposer pour un moment que la plupart d’entre vous, comme moi, ne comprennent pas ce qu’il y a de si grave. Après tout, il y a des détecteurs de métaux à l’entrée de chaque centre commercial, de la gare et même du Mur de l’Ouest et des sites sacrés à La Mecque. L’islam interdit de porter des armes au saint complexe d’Al-Aqsa, et les détecteurs de métaux sont là pour la protection les fidèles. Alors, qu’est-ce qui cloche ?

Le problème c’est le contexte. Présenter cette histoire comme si les Palestiniens avaient un problème avec des détecteurs de métaux est une manière injuste d’interpréter les exigences des fidèles de la mosquée Al-Aqsa.

Depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, Israël a respecté le statu quo vis-à-vis des sites sacrés musulmans de la ville: le complexe d’Aqsa est géré par le Waqf islamique, le corps qui gère le complexe en vertu d’un accord entre Israël et la Jordanie. Israël sait que cet arrangement est ce qui empêche l’incendie avec le monde musulman d’éclater à tout instant. Lorsque le statu quo a été violé par Ariel Sharon en 2000, cela a conduit à la deuxième Intifada.

Il existe des contrôles de sécurité, organisés par le Waqf, auxquels personne ne s’est jamais opposé. Alors, si les Israéliens veulent des détecteurs de métaux, pourquoi ne pas confier leur fonctionnement au Waqf ?

Une décision politique pour provoquer, pas pour protéger

Mais ce n’est pas le problème. Ce que le peuvent admettre les musulmans qui viennent prier à Al-Aqsa, c’est l’instauration d’un checkpoint auquel sont postés des membres de la police des frontière israélienne, un checkpoint similaire à ceux dont la Cisjordanie est parsémée, que les Palestiniens assimilent à des heures d’attente épuisante et humiliante, des insultes et des brutalités par les policiers de l’occupant,… C’est bien un checkpoint qui a été installé à l’entrée d’un des sites les plus saints de l’islam, où des musulmans pratiquants entrent cinq fois par jour pour prier. Le complece d’Al-Aqsa comprend, outre les mosquées, une école, des habitations et différentes autres constructions.

Les protestations visent donc à la fois la violation du statu quo et des accords sur le Haram al-Sharif et l’accroissement du contrôle israélien sur les allées et venues, sur qui entre et sort. Il ne s’agit pas des contrôles de sécurité, qui n’ont jamais été contestés quand ils étaient menés sous l’autorité du Waqf.

C’est le gouvernement israélien, et non la police, qui est responsable de la décision, qui va à l’encontre des recommandations du Shin Bet et de l’armée. C’est une décision politique, dont l’objectif est de provoquer et non de protéger.


Cet article a été publié sur le site +972.mag le 23 juillet 2017 – Il était au préalable paru en hébreu. – Version française : Luc Delval.

L’auteur est secrétaire du parti Hasash (“Front démocratique pour la paix et l’égalité) de Tel Aviv. 

Noa Levy is the secretary of Hadash Tel Aviv

 

Print Friendly, PDF & Email