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Pour survivre le groupe TEVA doit couper ses liens avec Israël (Haaretz)

Le groupe pharmaceutique israélien TEVA a trouvé un nouveau PDG, Kare Schultz, qui un mois après son arrivée a pu mesurer à quel point la situation du groupe est catastrophique, écrit Yoram Gabison dans un article d’analyse de Haaretz. On s’attend à ce que TEVA supprime au moins un emploi sur quatre en Israël.

Ce “sauveur” – à qui TEVA, qui a eu beaucoup de mal à trouver des candidats pour cette mission périlleuse, a offert une prime en espèces de 20 millions de dollars à la signature de son contrat, des attributions d’actions pour 15 millions de dollars et un salaire annuel et primes de l’ordre de 8 à 12 millions de dollars – va commencer par supprimer des milliers d’emplois et par vendre ou fermer des usines. Et il doit trouver le moyen de faire face au remboursement de 9 milliards de dollars de dettes au cours des deux années à venir. 

Mais les décisions attendues suscitent d’ores et déjà des remous politiques : la députée Shelly Yacimovich, a qualifié le licenciement attendu de 1.700 travailleurs de TEVA comme une “attaque terroriste massive”.  “Les travailleurs sont simplement des sacrifices humains d’une gestion ratée, de la stupidité et de la cupidité d’un direction qui a échoué. Nous en avons marre de la politique d’avantages fiscaux excessifs pour des entreprises telles que Teva, qui n’offrent aucune obligation en retour”, déclare cette députée de l’Union Sioniste (opposition). Shelly Yacimovich estime que TEVA a bénéficié d’avantage fiscaux pour un total de 20 milliards de shekels (5,7 milliards de dollars). “Bref, quand l’entreprise fait des bénéfices, les profits énormes coulent leurs poches, et quand elle est en difficulté, seule la collectivité en paie le prix”, a-t-elle ajouté.

La députée Yacimovich préside le “Comité de contrôle de l’État”, et sa mauvaise humeur pourrait avoir des conséquences pour TEVA. On s’attend à ce qu’elle fasse des  propositions pour «des accords de licenciement plus respectables, avec de petits parachutes dorés au profit des bonnes personnes qui ont bien travaillé à bas salaires, pendant que leurs dirigeants s’enrichissaient et échouaient lamentablement». Des “petits parachutes dorés” que le groupe ne serait peut-être pas capable de payer sans sombrer pour de bon…

Mais quoi qu’il en soit, selon Haaretz, «pour avoir une chance de survivre, TEVA va devoir abandonner une partie de ses activités de fabrication en Israël, parce que les coûts y sont devenus trop élevés et cela plombe sa compétitivité».

TEVA a trois unités de production principales en Israël : une usine de matières premières actives à Neot Hovav, dans le Néguev, juste au sud de Be’er Sheva, qui emploie 1.150 personnes; une usine de fabrication de comprimés et de fabrication polyvalente à Jérusalem qui emploie 1.100 travailleurs; et des usines à Kfar Saba, où 1.250 employés travaillent. L’abandon de Neot Hovav serait problématique pour des raisons réglementaires, même si les coûts de fabrication y sont élevés.

TEVA a également d’autres unités de production secondaires, notamment pour la production d’équipements de laboratoire, des équipements pour la dialyse, le diagnostic ou l’alimentation par perfusion. Mais ces unités de production ne perdent pas d’argent, et leur fermeture ne permettrait donc pas d’améliorer la situation financière du groupe. 

TEVA occupe 56.000 personnes dans le monde, et sa masse salariale annuelle atteint 4 milliards de dollars. Le groupe est implanté dans différentes régions du monde, et produit aussi bien en Inde qu’aux États-Unis, avec des différentiels salariaux colossaux entre les pays.

En abandonnant les produits et les marchés non rentables, Schultz pourrait trouver le moyen épargner une partie de ces coûts salariaux pour compenser en partie la baisse attendue des flux de trésorerie. Cette réduction découle d’une concurrence accrue pour son produit phare, le Copaxone (traitement de la sclérose en plaques). 

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