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Pour les femmes de Gaza, la sortie de prison n’est pas la fin du calvaire

GAZA CITY (Ma’an) – Malgré l’accueil chaleureux et les célébrations dont ont bénéficié à Gaza les femmes prisonnières après avoir été libérées des prisons israéliennes, un grand nombre d’entre elles sont confrontées à des difficultés sociales et familiales dès leur retour à la vie normale.

Dans bien des cas, les anciennes détenues divorcent ou, si elles ne sont pas mariées, restent célibataires jusqu’à leurs vieux jours.

Wafaa al-Bis, une ancienne prisonnière originaire de Gaza, a été incarcérée en 2005 et condamnée à 12 ans de prison sur présomption d’avoir préparé une opération contre Israël. Elle a été libérée après sept ans et a expliqué à Ma’an qu’elle souffrait de sa marginalisation, de son exclusions et d’autres traitements dégradants.

À la date du 1er septembre 2012, 7 femmes palestiniennes étaient incarcérées dans les centres de détention et prisons israéliens.

À la date du 1er septembre 2012, 7 femmes palestiniennes étaient incarcérées dans les centres de détention et prisons israéliens.

« Notre société considère les prisonnières libérées conne des femmes qui ont été violées. Ma question est celle-ci : Pensent-ils que les détenues ont été violées de leur plein gré ou qu’elles avaient les mains entravées ? », a-t-elle ajouté. Wafaa a des brûlures au troisième degré suite à un ancien accident et se plaint de ce qu’il lui est difficile d’avoir un traitement médical du fait de son statut d’ancienne détenue.

« Je ne puis même pas bénéficier des droits élémentaires à un traitement médical approprié, en tant que détenue libérée », a-t-elle déclaré. Elle a contacté plusieurs officiels palestiniens, mais en vain.

« Vous êtes une terroriste ! »

Quand Fatima al-Ziq a commencé à participer à des activités de résistance, elle était mariée et avait huit enfants. Elle a été arrêtée alors qu’elle était enceinte et a accouché en prison. Lors de sa libération, elle a déclaré que toutes les portes lui avaient été fermées et qu’elle avait dû mendier pour ses droits.

« Nous ne demandons la gratitude et les louanges de personne, même si nous avons passé le plus clair de notre jeunesse en prison pour défendre notre patrie. Pourtant, en tant que combattantes des premières lignes, nous espérons que les portes ne nous seront pas fermées.»

Zahiyya Nofal a été emprisonnée pendant trois ans après avoir été accusée de détention d’armes et d’aide à des combattants de la résistance. Elle a été arrêtée alors qu’elle n’avait que 16 ans et, à sa sortie de prison, ses parents lui ont arrangé un mariage avec un Bédouin.

Bien qu’elle ait donné naissance à deux enfants, quand son mari a appris qu’elle avait été en prison, il s’est mis à la battre tous les jours et à la traiter de «terroriste». Il a ensuite demandé le divorce et lui a refusé l’accès à ses enfants, a-t-elle déclaré.

Vu l’attitude de bien des gens à l’égard des anciennes détenues, Ruab Rajoubi a décidé de ne pas se marier. Elle a passé trois ans en prison après avoir été accusée d’aide aux combattants, en 1996.
Elle a déclaré qu’un grand nombre de familles sont « embarrassées » du fait qu’elles ont des parentes en prison.

Dala Abu Qamar reconnaît que la vie est difficile, après avoir été en prison. Elle a accepté d’être une seconde épouse, une fois libérée en 1982. Elle était affiliée au Front populaire de libération de la Palestine.

« Personne ne proposera le mariage à une prisonnière libérée, en raison de sa situation considérée comme dégradante. J’ai payé un lourd tribut pour les sacrifices consentis pour ma patrie. J’ai divorcée après avoir donné naissance à mes deux enfants. »

Ces 45 dernières années, on évalue à 10.000 le nombre de femmes palestiniennes qui ont été détenues sur ordre de l’armée israélienne, a déclaré Addameer.

À la date du 1er septembre 2012, 7 femmes palestiniennes étaient incarcérées dans les centres de détention et prisons israéliens.


Publié le 19 mars 2013 par Ma’an News Agency.
Traduction pour ce site : JM Flémal.

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