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Pour le représentant du CICR, “Israël n’est pas un État d’apartheid”.

Selon le “Jewish News Service”, le chef des opérations du Comité International de la Croix-rouge (CICR) pour Israël et les territoires palestiniens occupés, Jacques de Maio, a déclaré dans une interview avec le quotidien de droite Yedioth Ahronoth que “Israël n’est pas un État d’apartheid”. Il aurait parlé de “manipulations” de l’Autorité Palestinienne de Ramallah visant à faire croire qu’Israël est un “État d’apartheid” coupable de réaliser des “exécutions extrajudiciaires”.

Ph. Cristina Ruiz Cortina

Selon lui, “il n’y a pas d’ordre donné aux ‘Forces de Défense d’Israël’ de tirer sur les suspects pour tuer, comme des officiels politiques tentent de nous en convaincre. La Croix Rouge était très familière avec la réalité du régime d’apartheid en Afrique du Sud… il n’y a pas d’apartheid ici”, aurait-il déclaré. 

Il n’y a pas de régime basé sur la supériorité d’une race sur une autre, il n’y a pas déchéances des droits humains élémentaires basée sur une prétendue infériorité raciale”, aurait-il ajouté.

Selon Jacques de Maio, la Croix Rouge a travaillé avec l’armée israélienne pour clarifier “la question des tirs sur des assaillants  qui mènent des attaques terroristes, et nous sommes parvenus à une conclusion sans équivoque qu’il n’y a pas d’ordre de Tsahal de tirer sur les suspects afin de tuer, comme des responsables politiques ont essayé de nous convaincre”. 

De Maio a ajouté que lorsque le CICR a rejeté les accusation des Palestiniens à propos des “exécutions extrajudiciaires”,  il y avait “immédiatement des accusations prétendant que nous couvrons les crimes de guerre commis par l’armée israélienne, et que nous servions les sionistes”.

Force est en effet de constater que Jacques de Maio adopte la terminologie sioniste, et qualifie sans nuances de “terroristes” les auteurs d’actes de résistance à l’oppression de l’occupant, qui est un droit reconnu par le droit international.

On rappellera aussi que la Croix Rouge a supprimé l’an dernier une visite sur deux aux prisonniers palestiniens illégalement détenus en Israël – la convention de Genève interdit à l’occupant de détenir des prisonniers dans son propre territoire – et que des manifestants palestiniens s’en prennent fréquemment à ses locaux, notamment à Hébron et à Jérusalem-Est, car ils accusent le CICR de complaisance, si ce n’est de complicité, envers l’occupant israélien. Il ne s’agit donc pas que des “officiels palestiniens”, mais de la population elle-même.

Quant au jugement de M. de Maio sur l’existence d’un régime d’apartheid, on notera qu’il pense mieux savoir ce qu’est l’apartheid, et ce qu’il était en Afrique du Sud, que Mgr Desmond Tutu, qui tout récemment encore  a une nouvelle fois comparé le traitement réservé par Israël aux Palestiniens à celui que subissaient les Noirs dans l’Afrique du Sud de l’apartheid

L’ancien archevêque anglican de la ville du Cap estimait “que ceux qui ne s’opposent pas activement à l’injustice s’en rendent complices. Ceux qui ne veulent pas voir l’injustice perpétuent l’injustice. Si vous restez neutre dans une situation d’injustice, c’est que vous avez choisi le camp de l’oppresseur”.

Tout porte à croire que c’est aujourd’hui exactement le cas de M. de Maio, et avec lui du CICR qu’il représente.

L.D.