Dans l'actu

Polémique autour de la liberté d’expression des artistes israéliens

Le refus d’un certain nombre d’artistes israéliens d’autoriser la représentation de leurs œuvres, ou de participer à de telles représentations, dans le nouveau centre culturel de la colonie d’Ariel, en Cisjordanie occupée, inauguré la semaine passée, provoque en Israël une vive controverse non seulement à propos de l’extension des colonies juives mais aussi (surtout ?) à propos de la liberté d’expression dans un pays dont un nombre croissant de citoyens ont du mal à croire au slogan de la propagande officielle qui veut qu’il soit « la seule démocratie, etc… » (air connu).manifestation_gauchistes_ariel

Aussitôt après qu’un certain nombre d’auteurs et de metteurs en scène aient interdit la représentation de leurs œuvres à Ariel, et que le dramaturge israélien Shmouel Hasfari ait menacé le théâtre Cameri de le poursuivre en justice si l’une de ses pièces est jouée dans le nouveau centre culturel en dépit de son interdiction, des membres du gouvernement – Avigdor Lieberman en tête – s’étaient empressés de menacer le monde culturel de représailles. En clair : pas d’aides publiques aux artistes qui n’approuvent pas la politique du gouvernement.

Un certain nombre de personnalités de premier plan du cinéma et du théâtre ont signé une pétition dans laquelle elles affirment que ces menaces ne leur font pas peur, et ils affirment que « en tant que citoyens israéliens, le refus de ces acteurs de théâtre à jouer dans Ariel, qui n’est pas dans les frontières de la souveraineté israélienne, est un droit démocratique ».

« Il est inconcevable, écrivent-ils, que la résistance à l’entreprise de colonisation, une idée partagée par une grande partie de l’opinion publique israélienne, soit transformée en une position illégitime qui expose à la diffamation, à être réduits au silence, et à subir des mesures de représailles budgétaires ».

En affirmant que les artistes et les institutions culturelles ne doivent être soutenus que dans la mesure où ils soutiennent le gouvernement, Lieberman démontre que la politique culturelle israélienne fait partie du projet colonial global d’Israël, ce qui démontre sans aucune ambiguïté possible que le boycott doit aussi s’appliquer au domaine culturel (et universitaire).

Print Friendly, PDF & Email