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Plus de gilet pare-balles pour les journalistes à Gaza, ça dérange Israël

Israël interdit désormais l’importation dans la Bande de Gaza de gilets pare-balles pour les journalistes, selon l’agence de presse palestinienne Ma’an, qui cite un communiqué d’une association de journalistes travaillant à Gaza.

Des associations arabes et internationales ont à plusieurs reprises tenté d’importer des gilets pare-balles dans la Bande de Gaza dans le but d’assurer des conditions de travail plus sûres aux journalistes, mais les autorités [israéliennes] l’ont chaque fois empêché”, lit-on dans ce communiqué.

Les journalistes travaillant à Gaza “tiennent Israël pour pleinement responsable” des conséquences que cela pourrait avoir pour les centaines de journalistes qui sont présents sur le terrain dans la Bande de Gaza et qui sont ainsi moins bien protégés contre les tirs de l’armée israélienne durant les affrontements qui se produisent avec des Palestiniens.

Gaza_no_go_zoneIl faut aussi rappeler qu’il n’est pas rare que les Israéliens ouvrent le feu sur des civils qui s’aventurent “trop près” des limites de la Bande de Gaza : l’occupant a défini une “no-go zone” (zone interdite) de largeur variable tout au long de la “frontière” et non seulement personne ne peut pénétrer dans cette zone mais dans certains cas des gazaouites sont pris pour cible  car – selon les termes d’un communiqué officiel d’un porte-parole de l’armée – ils “s’approchaient trop” de la limite de la zone interdite. Le soldat de l’armée d’occupation est un être ultra-sensible (comme la gâchette de son arme, surtout face à des civils désarmés) qui se sent très facilement menacé…

Selon les journalistes de Gaza, plusieurs d’entre eux ont été blessés en exerçant leur métier, car ils étaient dépourvus de gilet pare-balles. Ils en appellent donc à la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), à l’UNESCO et à “Reporters sans Frontières” pour faire pression afin qu’Israël “se conforme aux conventions internationales, au lieu d’ignorer le droit international et les valeurs humanitaires”.

Interrogé par Ma’an, un porte-parole de l’armée israélienne a confirmé qu’aux yeux de l’occupant “les gilets pare-balles sont des équipements à double usage, dont l’importation requiert un examen par l’establishment sécuritaire. Quand nous recevons une demande d’importation elle est examinée à la lumière des protocoles de sécurité”.

Le “Comité de Soutien aux Journalistes Palestiniens” a récemment souligné une intensification “sans précédent” des agressions de l’armée d’occupation contre les journalistes palestiniens dans les territoires occupés depuis 2015.  Rien que depuis octobre dernier, 43 journalistes ont été emprisonnés par Israël.

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