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Peindre dans un camp de réfugiés en rêvant de la mer

Linda Paganelli

 « Le projet voulait symboliser sous forme de poissons les réfugiés vivant dans le camp », explique l’artiste Alaa Albaba à propos d’une récente série de peintures.

Albaba parle des Palestiniens qui vivaient près de la côte avant la Nakba – le nettoyage ethnique de la Palestine par les milices sionistes juste avant la création de l’État d’Israël en 1948 – et se sont retrouvés dans un camp de réfugiés, coupés et interdits de tout accès à la mer.

Le poisson qui se contorsionne après avoir été sorti de l’eau sert de métaphore pour la vie dans les camps de réfugiés surpeuplés.

Les sardines enserrées dans des boîtes – comme celles qui étaient distribuées aux réfugiés par les organisations d’aide après 1948 – sont un autre symbole puissant.

Albaba vit dans le camp de réfugiés d’al-Amari, près de la ville cisjordanienne de Ramallah. Il y est né en 1984 – « la troisième génération de la famille après la Nakba ». Sa famille a été expulsée de Lydd, qui fait partie de l’Israël d’aujourd’hui.

Avec tous ces besoins pressants dans le camp, où les taux de pauvreté et de chômage sont élevés et où l’infrastructure manque d’entretien, l’art n’était pas exactement une priorité.

« Mais, au bout d’un certain temps, l’art est devenu souhaitable, en cet endroit », dit-il.

Et c’est là qu’il travaille, peignant des poissons rêvant de retourner à la mer.

Alaa Albaba


Publié le sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal 

Linda Paganelli est anthropologue visuelle et elle s’est installée en Palestine.

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