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Passez à l’action : Libérez Suha Jbara de la prison de l’Autorité palestinienne !

La Palestinienne emprisonnée, Suha Jbara, annonce-t-on, a suspendu sa grève de la faim de 27 jours après que l’Autorité palestinienne a ordonné que son cas soit transféré à la cour criminelle spéciale de l’AP, à al-Khalil. Suha Jbara, 30 ans, du village de Turmusayya, près de Ramallah, est également citoyenne panaméenne et américaine et elle a été emprisonnée par l’AP le 3 novembre dernier.

Illustration graphique de la campagne pour la libération de Suha Jbara.

De la même façon que d’autres femmes palestiniennes emprisonnées par Israël, elle est accusée d’avoir transféré de l’argent en vue de soutenir les prisonniers palestiniens et les familles des martyrs. Elle est la mère de trois enfants, tous trois citoyens américains ; selon sa soeur au New Jersey, elle avait l’intention de retourner aux Etats-Unis à l’issue de leur dernière année scolaire. Elle continue à subir un emprisonnement et des accusations politiques injustes ; vous pouvez aider à entreprendre des actions afin de réclamer sa libération.

Selon Mohannad Karajah, son avocat, Suha Jbara a été transférée dans un hôpital depuis la prison centrale de l’AP à Jéricho ; sa santé s’est détériorée suite à la grève de la faim entamée le 22 novembre afin de réclamer sa liberté. Il lui a été signifié que poursuivre sa grève de la faim l’exposait à de graves risques pour sa vie et, au lieu d’être amenée au tribunal le 17 décembre, elle a été admise dans un hôpital. Les avocats chargés de sa défense déclarent qu’elle va recevoir un traitement en vue de rétablir sa santé et qu’elle ira ensuite au tribunal elle-même dans son combat pour révéler la vérité et obtenir justice.

Les trois enfants de Suha Jbara. (Photo : Quds News)

On rapporte que Suha Jbara est accusée d’avoir fourni des fonds afin de soutenir des prisonniers et les familles des Palestiniens tués par Israël, et particulièrement ceux impliqués avec le Hamas ; puisqu’il n’y a aucune raison que des Palestiniens soient inquiétés dans ce genre d’activité, nombreux sont ceux qui ont insisté sur le fait que l’emprisonnement de Suha Jbara faisait partie de la « coordination sécuritaire » entre l’AP et l’occupation israélienne.

Malgré la poursuite des tueries et des arrestations massives de Palestiniens et malgré les appels des corps dirigeants palestiniens – tel le Conseil central de l’OLP – de mettre un terme à ces pratiques, la coordination sécuritaire est restée solidement en place. En effet, comme Suha Jbara restait emprisonnée, l’un des responsables de l’AP, Hussein al-Sheikh rencontrait Nadav Argaman, le chef des services de renseignement israéliens, prétendument pour discuter de la « réduction des tensions » en Cisjordanie occupée, de même que du maintien de la coordination.

Le vendredi 14 décembre, le lendemain de l’assassinat de quatre Palestiniens par les forces de l’occupation, les forces de sécurité de l’AP ont attaqué plusieurs manifestations en Palestine occupée, cherchant à les disperser. Les participants d’une manifestation à al-Khalil ont été tabassés et plusieurs journalistes qui assistaient à cette attaque et la filmaient ont été détenus durant des heures. La sécurité de l’AP s’en est également prise à des manifestations à Ramallah et à Naplouse. Les manifestations étaient soutenues par le Hamas, qui commémorait le 31e anniversaire de sa fondation en même temps qu’il rendait hommage aux Palestiniens tués la veille.

Karajah, l’avocat de Suha Jbara, avait déclaré un peu plus tôt que l’arrestation de Jabar, ne s’était pas déroulée conformément aux procédures légales de l’AP. Son domicile avait été forcé et elle avait été arrêtée sans même qu’un mandat de perquisition ou d’arrestation ait été délivré par le Ministère public de l’AP. De plus, Suha Jbara souffre d’une affectation cardiaque et on ne lui a pas donné le traitement médical approprié bien qu’elle ait été transférée à l’hôpital à plusieurs reprises.

Alors qu’on avait annoncé en juin 2018 que le Premier ministre de l’AP, Rami Hamdallah, avait dissous le « comité de sécurité » de l’AP, la présence de représentants du même comité prétendument dissous a été signalée durant les interrogatoires subis par Suha Jbara. Après toutes ces actions extralégales, le Ministère public de l’AP a alors déclaré rétroactivement que Suha Jbara avait été arrêtée sur ses ordres et qu’il poursuivait une enquête criminelle.

Il convient de remarquer que la prison de l’AP à Jéricho est devenue tristement célèbre du fait que des prisonniers politiques y sont enfermés, et particulièrement ceux qui le sont dans le cadre de la coordination de sécurité avec l’occupation israélienne. Parmi les détenus les plus connus figurent le dirigeant du Front populaire pour la libération de la Palestine, Ahmed Sa’adat, et ses camarades Ahed Abu Ghoulmeh, Majdi Rimawi, Basil al-Ahmar et Hamdi Qur’an, sans oublier Fuad Shobaki. Tous ont été enlevés par l’occupation israélienne quand, en 2006, celle-ci a attaqué la prison de Jéricho suite à un arrangement préalable avec les gardiens britanniques et américains, en prétendant qu’elle craignait que l’AP ne relâche ces prisonniers politiques à la suite de l’élection du Conseil législatif palestinien, cette même année.

Suha Jbara a reçu peu d’aide du consulat américain, a expliqué la sœur de Suha, Khadija Jbara, sur northjersey.com, ajoutant que, malgré une visite du consulat, rien n’avait changé pour sa sœur.

Amnesty International a fait état des conditions brutales de son interrogatoire après que des représentants de l’organisation l’ont rencontrée à la prison de Jéricho, le 4 décembre. Elle déclarait avoir été traînée sur le sol, pieds nus, de son lit d’hôpital, après avoir eu une crise et perdu conscience au moment de son arrestation. Elle avait dormi sur le sol d’une camionnette quand ils l’avaient emmenée au centre des interrogatoires à Jéricho.

Suha Jbara a déclaré qu’un interrogateur masculin lui avait jeté de l’eau au visage après qu’elle lui avait demandé à boire et, ensuite, elle avait été giflée, punie et menacée de violence. Tout au long de son interrogatoire, elle avait eu un bandeau sur les yeux et était restée menottée, on lui avait refusé de l’eau de même que l’accès aux toilettes, a rapporté Amnesty. À plusieurs reprises également, elle a été menacée de violences sexuelles, dans l’espoir de la rendre plus docile.

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network réclame la libération immédiate de Suha Jbara et l’annulation de toutes les accusations portées contre elle. Son emprisonnement et sa torture ont manifestement eu lieu dans le cadre de la coordination de l’AP avec Israël, ce qui illustre une fois de plus à quel point cette coordination est dangereuse pour les Palestiniens. Nous demandons aux Palestiniens et aux personnes du monde entier qui soutiennent la Palestine d’entreprendre des actions de soutien à sa libération.

Il est d’une extrême importance que les institutions officielles palestiniennes entendent ce qu’ont à leur dire les communautés palestinienne de la diaspora et en exil, ainsi que les amis du peuple palestinien qui soutiennent Suha Jbara et s’opposent à la coordination sécuritaire.

Nous vous demandons instamment d’APPELER la Mission palestinienne aux Nations unies (numéro +1 212 288-8500) et d’adresser un E-MAIL à la mission (adresse : palestine@un.int).

Dites à la mission que vous appelez en tant que partisan de la Palestine ou en tant que Palestinien de xxx (l’endroit où vous résidez), à propos de l’affaire de Suha Jbara, emprisonnée à Jéricho, en Cisjordanie occupée.

Dites à la mission que vous réclamez la libération immédiate de Suha Jbara et l’annulation de toutes les charges qui pèsent contre elle.

Dites à la mission que la coordination de l’AP avec Israël ne nuit qu’au seul peuple palestinien, particulièrement lorsque des Palestiniens sont confrontés à des assassinats extrajudiciaires, des démolitions de maisons et des arrestations de masse sur base quotidienne.

Nous vous demandons instamment aussi d’APPELER le bureau du Premier ministre de l’AP, Rami Hamdallah, à Ramallah, au numéro + 970 229 68989, ou de lui adresser un E-MAIL à l’adresse info@pmo.gov.ps. Insistez, s’il vous plaît, sur les mêmes points repris ci-dessus et sur l’importance de la libération immédiate de Suha Jbara.


Publié le 18/12/2018 sur Samidoun
Traduction : Jean-Marie Flémal

 

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