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Parmi les bienfaits dont Israël comble le monde, voici les auteurs du plus grand piratage informatique de l’histoire…

En volant les données de quelque 100 millions de clients – principalement ceux de banques étatsuniennes (dont 83 millions de clients de JP Morgan Chase), de casinos en ligne, mais aussi News Corp’s Dow Jones & Co qui est l’éditeur du Wall Street Journal, etc… – trois malfaiteurs ont bâti une entreprise criminelle à grande échelle. Ils ont engrangé des centaines de millions de dollars de bénéfices frauduleux, dont une grande partie a été déposée dans des banques helvétiques, affirme la justice américaine.

Et, devinez quoi… deux des trois principaux protagonistes, Gery Shalon (31 ans) et Ziv Orenstein (40 ans) sont Israéliens, et le troisième est de nationalité étatsunienne mais résidait en Israël et s’appelle Joshua Samuel Aaron.

C’est la plus grosse affaire de piratage informatique de l’histoire de l’informatique et du système financier. Lors de la présentation de l’acte d’accusation à Manhattan, le procureur new yorkais Preet Bharara s’est dit impressionné, évoquant un vol de données «dont la portée et les montants sont stupéfiants».

Ziv Orenstein et Gery Shalon, accusés d'être les principauix auteurs du plus grand piratage informatique de l'histoire

Ziv Orenstein et Gery Shalon, accusés d’être les principauix auteurs du plus grand piratage informatique de l’histoire

Grâce aux informations dérobées aux quelques 100 millions de clients de banques et d’institutions financières les trois criminels ont bâti une véritable entreprise internationale d’activités illégales. En s’appuyant sur une équipe de «centaines d’employés et de complices», Gery ShalonZiv Orenstein et Joshua Samuel Aaron se sont notamment livrés à la manipulation de cours de titres boursiers, à des paris illégaux en ligne et à des fraudes à la carte de crédit. Ils ont aussi, entre autres choses, falsifié des données confidentielles de sociétés dont ils pirataient le réseau informatique.

Le piratage des réseaux de JPMorgan a affecté les données de 76 millions de ménages et 7 millions d’entreprises. La société de d’informations financières Dow Jones, par ailleurs éditrice du Wall Street Journal, ainsi que deux autres courtiers, ont confirmé faire partie des victimes de cette arnaque colossale.

Des pseudonymes en série

Les trois complices «ont illicitement gagné des centaines de millions de dollars entre 2007 et 2015», selon le procureur. Le principal accusé, Gery Shalon, a dissimulé «au moins 100 millions de dollars sur des comptes bancaires en Suisse et ailleurs». Mais tous les dépôts n’étaient pas à son nom puisque cet Israélien de 31 ans a utilisé de multiples pseudonymes, tels Garri Shalelashvili, Gabriel, Gabi, Phillipe Mousset et Christopher Engeham.

La justice américaine évoque un cas en particulier : Gery Shalon a viré des millions de bénéfices depuis des comptes en Azerbaïdjan vers un compte bancaire suisse au nom d’une société écran qu’il contrôlait.

Au total, quelque 75 comptes de sociétés, de courtiers ou de banques ont été utilisés pour blanchir cet argent. «Ils étaient de connivence avec des banquiers internationaux corrompus qui ont délibérément ignoré la nature criminelle de ces activités pour en tirer bénéfice», peut-on lire dans l’acte d’accusation américain.

202 ans de prison…

Gery Shalon et ses complices font l’objet de vingt-trois inculpations pénales, notamment pour piratage informatique, fraude boursière, fraude électronique, vol d’identité, paris illégaux sur l’internet et association de malfaiteurs en vue de blanchiment d’argent.

Petit problème : Shalon et Orenstein ont été arrêtés en Israël, et font l’objet d’une demande extradition vers les États-Unis, mais on sait que lorsqu’il s’agit de ses ressortissants juifs ce pays est fréquemment très réticent [1] pour exécuter les demandes d’extradition. L’extradition est théoriquement autorisée par la loi israélienne, mais à la condition expresse que l’intéressé(e) soit autorisé(e) par l’État requérant à exécuter en Israël toute peine infligée à la suite de l’extradition.

Salutaire disposition, dans le cas de Gery Shalon, car le cumul des peines maximales pour les accusations auxquelles il risque de devoir faire face aux États-Unis atteint quand même la bagatelle de… 202 ans.


[1] par exemple, la France a eu beaucoup de mal à récupérer un de ses ressortissants ayant également un passeport israélien qui avait incendié volontairement les bureaux de sa société pour escroquer son assureur, mais une personne était morte dans cet incendie. L’intéressé n’avait pas attendu d’être condamné par une Cour d’Assises française à 20 ans de prison avant de prendre la fuite en Israël en 2002. La France n’a obtenu effectivement l’extradition qu’après 13 ans de procédure, au début de 2015. Pour tenter de s’y opposer, les soutiens de ce délinquant de droit commun n’avaient pas manqué d’invoquer le fait qu’il “allait à une mort certaine s’il était incarcéré en France, vu le nombre très important d’extrémistes musulmans emprisonnés au centre pénitencier des Baumettes à Marseille”.

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