Dans l'actu

Palestine : l’apartheid de l’eau

PENGON/Amis de la Terre Palestine, le Comité national palestinien du mouvement BDS et la Coalition de défense des terres lancent un appel pour une semaine internationale contre la société nationale israélienne d’eau Mekorot.

(- Ainsi donc, vous voulez contrôler notre eau... Quelle est votre expérience ? - Voici l'histoire de notre réussite... )

(- Ainsi donc, vous voulez contrôler notre eau… Quelle est votre expérience ?
– Voici l’histoire de notre réussite… )

Mekorot est la société de distribution d’eau de l’État d’Israël responsable de l’« apartheid de l’eau » imposé aux Palestiniens, auquel on peut également associer le crime international qu’est le pillage des ressources naturelles dans des territoires occupés, la discrimination à l’encontre du peuple palestinien en tant que groupe ethnique et le soutien vital à l’entreprise des colonies illégales. En 2005, Mekorot s’est adjoint un département commercial en vue d’entamer un processus d’expansion internationale. Plusieurs contrats lucratifs ont été signés dans des pays comme les USA, Chypre, l’Argentine, l’Inde et l’Ouganda. En Grèce, Mekorot est en concurrence pour une part dans la course à la privatisation du gouvernement. Des accords de coopération ont également été signés au Brésil, au Portugal et en Italie.

Des groupes d’action civique constatent avec indignation que leurs gouvernements ferment les yeux sur l’implication de Mekorot dans des violations de la législation internationale et des droits de l’homme et qu’en lieu et place, ils récompensent la compagnie en faisant des affaires avec elle comme si de rien n’était. Des campagnes ont été lancées pour expulser Mekorot d’Argentine, d’Italie, de Grèce et du Portugal. En Argentine, des activistes ont récemment annoncé qu’ils étaient parvenus à suspendre la construction d’une installation d’épuration des eaux de 170 millions de dollars – un projet qui aurait financé non seulement l’apartheid de l’eau en Palestine mais l’aurait également exporté en transformant le droit de l’homme qu’est l’accès à l’eau à Buenos Aires en un équipement de luxe réservé aux riches.

Vitens, le plus gros distributeur d’eau aux Pays-Bas, a mis fin à un contrat avec Mekorot quelques jours à peine après sa signature, à cause de l’implication de la compagnie dans des violations du droit international. Lilianne Ploumen, la ministre hollandaise du Commerce extérieur et de l’Aide au développement, a annulé une réunion avec les responsables de Mekorot pour les mêmes raisons.

L’affaire gagne en intensité avec la progression réalisée par le mouvement mondial des BDS. Il est temps désormais d’accroître la pression sur les pouvoirs publics en vue d’exclure Mekorot des contrats publics et d’imputer à la compagnie sa responsabilité dans l’apartheid de l’eau. Rejoignez la Première semaine internationale contre Mekorot, entre le 22 mars 2014, Journée mondiale de l’eau, et le 30 mars 2014, date à laquelle les Palestiniens célèbrent la Journée de la Terre.

C’est une occasion de cimenter une coalition internationale contre Mekorot par le biais d’une campagne mondiale de conscientisation en pleine ascension. Profitez de la semaine pour lancer des initiatives de campagne, promouvoir la conscientisation du public et mettre la pression sur les gouvernements pour qu’ils agissent. Validez votre participation en adressant un courriel à : info@stopmekorot.org. Un site Internet sera créé pour consolider les efforts durant la semaine.

Six raisons de boycotter Mekorot

  1. Mekorot dirige, entretient et applique un système d’apartheid de l’eau : Mekorot est responsable de violations des droits à l’eau et de discriminations sur ce plan depuis les années 1950, lorsqu’il a mis en place le système de distribution d’eau d’Israël, qui détourne le Jourdain de la Cisjordanie et de la Jordanie afin de desservir les communautés israéliennes. Dans un même temps, il prive les communautés palestiniennes de la possibilité d’accès à l’eau ; la consommation d’eau palestinienne dans les TPO (Territoires palestiniens occupés) est d’environ 70 litres par personne et par jour – bien en dessous des 100 litres par habitant recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – tandis que la consommation quotidienne israélienne par habitant est d’environ 300 litres, soit quatre fois plus.

    Mekorot a refusé de fournir de l’eau aux communautés palestiniennes à l’intérieur d’Israël, malgré la décision d’un tribunal israélien de grande instance reconnaissant leur droit à l’eau.
    Un rapport parlementaire français a qualifié cette politique d’apartheid de l’eau.

  2. Le soutien vital de Mekorot à l’entreprise des colonies illégales : le soutien de Mekorot aux implantations illégales n’a cessé de se poursuivre depuis l’occupation en 1967 de la Cisjordanie, de Gaza et des hauteurs du Golan. La compagnie s’est assuré le monopole du contrôle de toutes les sources d’eau dans les territoires occupés, appliquant de la sorte une politique qui favorise les colonies israéliennes aux dépens des communautés palestiniennes.
    La rapport des Nations unies présenté sur base du rapport de la mission internationale et indépendante d’enquête à propos des implications des colonies israéliennes pour les droits du peuple palestinien de même que le tout dernier rapport sur les colonies émamant du secrétaire général de l’ONU dénoncent le rôle de Mekorot dans l’entreprise d’implantation des colonies.
    Fondamentalement, toute coopération avec Mekorot tire profit de (et contribue à) l’entreprise des implantations illégales. La société publique hollandaise de distribution d’eau Vitens déclare : « Qu’il s’agisse de reconnaître l’extraction de l’eau ou qu’il s’agisse des bénéfices qu’on peut tirer de captages judicieux, rien ne peut être dissocié de ce que l’ONU écrit à propos de la politique de Mekorot (*) vis-à-vis des territoires palestiniens et des colonies. »
  3. Mekorot participe au crime international du pillage des ressources naturelles et de la destruction volontaire d’infrastructures de l’eau : Mekorot fait fonctionner quelque 42 puits en Cisjordanie, principalement dans la région de la vallée du Jourdain, puits qui alimentent principalement les colonies israéliennes.
    Mekorot opère en étroit partenariat avec l’armée israélienne, en confisquant des canalisations d’irrigation aux fermiers palestiniens et en détruisant des sources d’approvisionnement des communautés palestiniennes.
    Durant la seule année 2012, l’armée israélienne a démoli 60 structures d’approvisionnement et d’épuration de l’eau appartenant aux Palestiniens.
  4. Mekorot refuse aux Palestiniens le droit à l’eau et en fait un instrument de la politique israélienne de déportation : en été, Mekorot, escorté par l’armée, coupe l’approvisionnement en eau des communautés palestiniennes de Cisjordanie, laissant celles-ci complètement à sec.
    L'armée d'occupation détruits les installation d'irrigation des agriculteurs palestiniens, construites sans autorisation de l'occupant (qui ne les délivre pratiquement jamais)

    L’armée d’occupation détruits les installation d’irrigation des agriculteurs palestiniens, construites sans autorisation de l’occupant (qui ne les délivre pratiquement jamais)

    Mekorot est un fier et zélé partenaire du plan « Negev Blueprint » (Projet Néguev) du FNJ qui prévoit de déporter 40 000 citoyens bédouins palestiniens d’Israël de leurs maisons pour les parquer dans des réserves et allouer leurs terres à l’installation dans le Néguev de colonies exclusivement destinées aux Juifs.

  5. Mekorot exporte son apartheid de l’eau en tirant profit de la privatisation de l’eau : le syndicat argentin ATE (secteur public) a déclaré durant sa campagne que « si la distribution d’eau est accordée à Mekorot, l’eau deviendra un produit de luxe et ne sera plus une ressource vitale ayant qualité de droit social ; les droits de l’homme seront violés si on alloue cette concession à une compagnie qui soutient activement le génocide palestinien. »
  6. L’« expertise » de l’eau dont se targue Mekorot est une vulgaire opération de « blanchiment » : la fabrication de mythes à propos de l’eau est destinée à redorer le blason d’Israël à l’étranger. Contrairement à ce que prétend la compagnie, Israël n’a pas fait « fleurir le désert ». La région de la Palestine historique est riche en eau et les Palestiniens ont une tradition agricole remontant à des centaines d’années. Israël a exploité ce mythe pour justifier son détournement mal avisé des eaux du Jourdain, transformant le fleuve historique en un puits d’eaux usées, et pour justifier ses agressions contre les pays voisins. La réalité est qu’Israël est un gaspilleur d’eau. Ses habitants consomment deux fois plus d’eau que la moyenne européenne et son secteur agricole est non durable sur le plan écologique, avec ses fermiers que le gouvernement subventionne afin qu’ils cultivent des espèces végétales consommant beaucoup d’eau.

D’autres informations concrètes sur les violations des droits de l’homme par Mekorot :
Sur « Stop the Wall » : Mekorot entretient l’apartheid de l’eau en Palestine [en]
Sur « Who Profits » : L’implication de Mekorot dans l’occupation israélienne de la Palestine [en]
Sur « Al-Haq » : L’eau pour un seul peuple : discrimination dans l’accès à l’eau et apartheid de l’eau dans les TPO [en]


Publié le 5 mars 2014 sur le site BDS Movement. Traduction JM Flémal.

Print Friendly, PDF & Email