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ONU : et un marché de dupes pour les Palestiniens, un !

Luc Delval

Une fois de plus, la soi-disant «communauté internationale», propose un marché de dupes aux dirigeants Palestiniens. Selon Barak Ravid, de Haaretz, la Nouvelle Zélande – qui siège actuellement au Conseil de Sécurité de l’ONU en tant que membre non-permanent – prépare un projet de résolution destiné officiellement à «rétablir la confiance» et «favoriser la reprise du dialogue» interrompu il y a 17 mois.

Une fois de plus, la résolution est conçue selon le bon vieux principe du «donnant-donnant» qui fait qu’on exige des concessions très concrètes et aussitôt mises en œuvre des Palestiniens en échange de promesses jamais exécutées de la part d’Israël, la victime et l’agresseur, le colonisé et le colonisateur, le dominant et le dominé étant hypocritement placés sur un pied d’égalité.

Que devraient, selon ce projet de résolution, concéder les Palestiniens ? Tout simplement l’abandon de tout recours devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les crimes commis par Israël.
Et Israël ? Le gouvernement Netanyahou devrait «geler» la construction de colonies et les démolitions de maisons palestiniennes en Cisjordanie, et aussi «éviter toute action de provocation, particulièrement celles qui mettraient en cause le status quo sur le al-Haram al-Sharif » (le Mont du Temple pour les Juifs)

Autrement dit, si cette résolution était adoptée et mise en œuvre, les dirigeants israéliens se verraient offrir l’impunité totale pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, passés présents et à venir, en échange du respect très provisoire (il n’est question de que « geler » les nouvelles constructions, ni d’évacuer une seule de celles qui ont déjà été construites illégalement ni de renoncer durablement à la colonisation) et très hypothétique (jamais Israël n’a loyalement appliqué des engagements de ce type) d’une infime partie de leurs obligations au regard du droit international (telles que le respect des Conventions de Genève et des résolutions antérieures du Conseil de Sécurité qui se comptent par dizaines).

Pour ce qui concerne le status quo sur le «Mont du Temple»/al-Haram al-Sharif, Netanyahou ne cesse de proclamer qu’il ne veut pas le remettre en question, tout en prenant des mesures concrètes (comme l’interdiction d’accéder aux lieux saints musulmans sur base de l’âge) qui contredisent ses propos, tandis que sa vice-ministre des Affaires étrangères proclame publiquement qu’elle « rêve de voir le drapeau israélien flotter » au sommet de ce site hautement sensible.

Quant au «rétablissement de la confiance» il serait supposé surgit au moment où Netanyahou cherche à imputer aux dirigeants palestiniens la responsabilité historique de la destruction des juifs d’Europe par les nazis, et où il proclame que les Juifs d’Israël vont « vivre éternellement par l’épée » et doivent « conserver le contrôle de la totalité du territoire pour l’avenir prévisible« .

Sur quoi, dès lors, seraient supposés porter les pourparlers dont les auteurs du projet de résolution voudraient forcer à tout prix la reprise ? En tous cas ils ne manquent pas d’humour (noir) quand ils prévoient dans leur projet que les deux camps devraient « éviter de semer le doute à propos de la sincérité et de la réelle volonté de faire la paix de la partie adverse et de ses dirigeants».

Qui en effet pourrait doute que Netanyahou veut vraiment conclure un accord de paix ? Ben… à peu près tout le monde, y compris une majorité dans son propre pays.
Il est difficile de prévoir si le projet de résolution de la Nouvelle-Zélande a des chances d’être adopté. On notera que Federica Mogherini y a fait allusion dans une allocution au Parlement Européen il y a quelques jours.

L.D.

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