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Omar Barghouti au Parlement européen

Myriam De Ly

Omar Barghouti était l’invité (via une conférence Skype) à une rencontre organisée par le Groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire / Gauche verte nordique) le lundi 23 janvier, au Parlement européen, concernant le soutien à la campagne BDS et contre sa criminalisation. Des Palestiniens et activistes pour la Palestine avaient également rejoint l’événement.

Photo : Mahmoud Nadar, via Samidoun

Les parlementaires européens avaient pris cette initiative afin de contrer une conférence pro-Israël et anti-BDS, à laquelle devait participer Tzipi Livni.

Mais cette ancienne ministre des Affaires étrangères, qui avait pris part aux décisions de bombarder la population civile de Gaza lors de l’opération « Plomb durci » en 2008 et 2009, a décliné l’invitation, prétextant une soudaine maladie (ce qui ne l’a pas empêchée de se rendre aux États-Unis dans la même semaine).

La véritable raison est que Livni devait être interpellée par la police et interrogée par la Justice, qui instruit une plainte déposée contre elle pour crimes de guerre par des Palestiniens en Belgique.

Mais, comme le disait Charlotte Kates (coordinatrice de Samidoun) dans son intervention : Tzipi Livni n’a pas accepté de répondre aux questions du Parquet; elle n’a même pas voulu faire ce premier, tout petit pas, dans sa prise de responsabilité !

Rappelons que le mouvement BDS a pris une extension importante, ces dernières années, aiguillonné principalement par la colère populaire au vu de l’impunité dont bénéficie Israël en se retranchant dans des décennies d’un régime d’occupation, de colonialisme d’implantation et d’apartheid contre le peuple palestinien. 

Les députés Neoklis Sylikiotis (Chypre) et Marina Albiol (Espagne) sont intervenus pour souligner l’importance d’un renforcement du mouvement BDS. La députée Malin Björk (Suède), qui assurait la modération du débat, a fait le lien entre la répression contre BDS et les atteintes grandissantes à la liberté d’expression dans le monde.

Ci-dessous, l’intervention de Charlotte Kates (Samidoun), qui soulignait en particulier la complicité européenne avec Israël, citant notamment le projet Law-Train.

Anna Wester, de l’Association de solidarité avec la Palestine de Suède, et Dror Feiler, des Juifs européens pour une Paix juste, ont partagé leurs expériences de militants : comment ils construisent le mouvement BDS, mais aussi comment ils s’opposent aux attaques de criminalisation.

Un moment clé de la rencontre a été le contact Skype en direct de Jérusalem avec Omar Barghouti, cofondateur du mouvement BDS et membre du Comité national palestinien de BDS.

La députée Malin Björk discute en direct avec Omar Barghouti. Photo : Mahmoud Nadar, via Samidoun.

Omar Barghouti a rappelé les revendications palestiniennes qui sont à la base de l’appel au boycott : l’arrêt de l’occupation, la fin de la discrimination et le droit au retour des réfugiés.

Il a expliqué l’importance de ce dernier droit : 38 % des Palestiniens vivent à Gaza et en Cisjordanie, 12 % vivent en Israël, 50 % vivent en exil. Les réfugiés constituent la partie la plus importante de la population palestinienne. Le mouvement BDS lutte pour les droits de tous les Palestiniens, y compris les réfugiés.

Pour Omar Barghouti, la répression contre BDS se situe dans un cadre plus large de criminalisation de la liberté d’expression et de maccarthysme. Pour lui, il est crucial d’étendre le mouvement, de toucher un public plus large, de faire des alliances avec d’autres mouvements qui se battent pour la justice.

L’Europe doit imposer un embargo militaire contre Israël, suspendre l’accord d’association avec Israël, interdire l’entrée et la vente des produits des colonies. Ce sont les trois revendications basiques adressées à l’Europe et Barghouti appelle à l’aide des activistes pour pousser l’Europe à les réaliser.

Un échange intéressant a encore eu lieu entre les participants par la suite.

Signalons qu’à la fin de l’événement, le représentant de la mission israélienne auprès de l’UE est rentré dans la salle pour espionner et provoquer les présents. D’autres sionistes les attendaient à la sortie de la salle.

En avant-plan : Dror Feiler, des Juifs européens pour une Paix juste (European Jews for a Just Peace ). A l’arrière, debout : l’espion, représentant d’Israël auprès de l’UE. Photo : Mahmoud Nadar, via Samidoun.

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