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Netanyahu confirme : pas question de négocier sur les bases posées par le « Quatuor »

Révélation ? Plutôt une simple confirmation de ce que tout le monde savait de longue date !

Haaretz annonce que « le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté hier une demande palesti­nienne selon laquelle des négociations directes devraient se fonder sur une déclaration du Quatuor confirmant sa position que le futur État palestinien sera fondé sur les frontières de 1967 ».

Au cours d’une réunion à Jérusalem avec l’émissaire américain George Mitchell, M. Netanyahu a réitéré sa demande pour la reprise des pourparlers directs “sans conditions préalables”. Autrement dit, aux conditions imposées par Israël sur le terrain, au plus parfait mépris de la légalité internationale, de dizaines de résolutions de l’ONU (Conseil de sécurité et Assemblée générale confondus).

Le « Quatuor » – les États-Unis, l’Organisation des Nations Unies, l’Union européenne et la Russie – ont émis une déclaration en question après une réunion à Moscou le 19 mars, dans laquelle il rappelait que la communauté internationale ne reconnaît pas l’annexion par Israël de Jérusalem-Est (un point positif, quoique la “communauté internationale” ne se donne jamais les moyens d’imposer à Israël le respect des principes qu’elle énonce).

Dans cette prise de position, le “quatuor” demandait 24 mois de pourparlers directs entre Israël et l’Autorité palestinienne [1] qui seraient supposées aboutir à un accord sur la création d’un État palestinien, qui mettrait fin à l’occupation palestinienne qui dure depuis 1967 (les précédentes conquêtes territoriales, guère plus justifiables au regard du droit, s’en trouvent donc avalisées. On n’en parle plus…).

Le Quatuor a également demandé à Israël de mettre en place un gel total de la construction dans les colonies de Cisjordanie et de s’abstenir de démolitions de maisons à Jérusalem-Est, ce qu’évidemment le gouvernement israélien alliant droite extrême et extrême-droite n’a pas eu l’intention de faire un instant (le soi-disant “gel” de ces derniers mois n’étant – faut-il le rappeler – qu’un trompe l’œil, puisqu’en fait le rythme des constructions n’a jamais été aussi soutenu que pendant le prétendu moratoire).

Quoiqu’il en soit, personne ne peut raisonnablement croire que des négociations puissent, dans les conditions qui prévalent actuellement, déboucher sur “une paix juste de durable”. Durable parce que juste.


[1] dont on peut rappeler au passage qu’elle n’a plus aucune légitimité démocratique, le mandat qu’elle tenait des électeurs ayant depuis longtemps expiré et les élections ayant été reportées à une date indéterminée.

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