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Netanyahou énumère les nombreux points sur lesquels il « ne cèdera jamais » : « caractère juif », présence militaire à long terme, poursuite de la colonisation…

Selon l’agence de presse palestinienne Ma’an, le premier ministre israélien a exclu qu’un accord puisse être conclu avec les Palestiniens si ceux-ci n’acceptent pas de reconnaître le « caractère juif » de l’État d’Israël.

Il a confirmé, au cours d’un entretien avec un journaliste de l’Agence France-Presse, qu’il prépare une initiative diplomatique destinée à contrer la tentative palestinienne d’obtenir la reconnaissance de la Palestine par l’ONU « dans les frontières de 1967, avec Jésusalem-est pour capitale« , et a indiqué qu’il en dévoilera la teneur devant le Congrès étatsunien, devant lequel il a été invité à prendre la parole. Mais il n’a pas dit un mot de la manière dont il s’y prendra pour tenter de relancer les négociations avec les Palestiniens, se contentant d’accuser ceux-ci de se servir de la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie comme d’un prétexte pour éviter d’avoir à s’engager. « Les implantations, c’est une diversion, pas la question centrale« , affirme-t-il.

« La seule manière d’avoir une vraie solution, c’est par la négociation. Et la seule manière de conclure des négociations par un accord, c’est de les commencer« , dit le premier ministre israélien.

Selon Netanyahou, si des négociations reprennent, il y a en tout état de cause deux points sur lesquels Israël n’acceptera pas de transiger : la reconnaissance d’Israël comme l’État national du « peuple juif », et la sécurité d’Israël. Autrement dit, Netanyahou n’envisage l’existence d’un État palestinien à côté d’Israël qu’à condition qu’il soit totalement désarmé et toujours partiellement occupé par l’armée israélienne (voir plus loin)…

« Le cœur du problème a toujours été le refus persistant des dirigeants palestiniens de reconnaître l’État juif dans quelques frontières que ce soit« , dit Netanyahou (qui évidemment occulte le fait qu’Israël n’a jamais fixé ses propres frontières, pour la bonne raison que le projet historique de la majorité de ses dirigeants successifs a toujours été de les repousser de plus en plus loin, y compris au-delà du Jourdain).

C’est à partir d’avril 2009 que Netanyahou a soudain exigé que le Président Abbas reconnaisse « le caractère juif de l’État d’Israël« . Abbas a repoussé cette exigence, d’une part parce qu’il y a en Israël 20% de citoyens arabes ou palestiniens, et d’autre part parce que la définition d’un État en termes religieux ou ethniques n’appartient qu’à lui-même.

Mais c’est apparemment une chose que Netanyahou n’est pas en mesure de comprendre. «Pourquoi les Palestiniens ne peuvent-ils pas faire une chose aussi simple que reconnaître l’État juif ? Après tout, nous sommes prêts à reconnaître un État palestinien. Pourquoi, s’ils veulent réellement la paix, ne peuvent-ils rendre la réciproque ? Ceci est la raison fondamentale pour laquelle il n’y a pas de paix», explique-t-il avec cette mauvaise foi si caractéristique (puisque d’une part il a mille fois démontre qu’il n’est PAS prête à reconnaître l’État palestinien et se démène comme un beau diable pour que les autres ne le reconnaissent pas davantage, et que d’autre part personne ne lui demande de reconnaître le « caractère musulman » de la Palestine, ou quoi que ce soit d’autre).

Enfin, Netanyahou a confirmé qu’il n’entend pas renoncer à la présence militaire israélienne « à long terme » dans la vallée du Jourdain, même après la conclusion d’un (hypothétique) accord incluant la création d’un État palestinien. autrement dit : vivement un État palestinien, que l’occupation puisse continuer…

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