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Négociations bidon : le vice-ministre israélien de la Défense passe aux aveux

Clinton_rabin_arafat« 20 ans après l’apparition de Yitzhak Rabin et de Yasser Arafat aux côtés du Président Bill Clinton sur la pelouse de la Maison-Blanche, Israéliens et Palestiniens sont de nouveau en plein dans un Xième round de négociations. En dépit de ces efforts, une véritable paix semble aussi éloignée qu’elle l’était avant que l’existence de pourparlers secrets à Oslo soient révélée au monde… Il faut mettre fin à cette farce en annonçant immédiatement la suspension des accords [d’Oslo] », écrit dans le New-York Times le vice-ministre israélien de la Défense, Danny Danon.

Bien entendu, selon lui cet échec total est entièrement imputable aux Palestiniens, qu’il accuse de « double langage« , ce qui ne manque pas de sel de la part de quelqu’un qui réclame la « suspension » d’accords dont les gouvernement israéliens successifs, y compris celui auquel il participe actuellement, ont refusé d’appliquer la quasi-totalité des dispositions qui entraînaient pour Israël quelque concession que ce soit.

Mais, selon lui,  « l’OLP, et par la suite l’Autorité Palestinienne, n’ont jamais accepté qu’Israël, en tant qu’Etat national et patrie du peuple juif, était destiné à durer. Peu importe la quantité de cérémonies impresionnantes, les changements cosmétiques dans la charte fondamentales de l’OLP, et le double langage palestinien,… rien de tout cela ne peut modifier cette sombre réalité. »

Ce n’est pas la première fois que Danny Danon émet publiquement de sérieuses réserves sur la politique du gouvernement auquel il appartient. Le quotidien Haaretz rappelle qu’en juin Danon avait donné une interview au Times of Israel, dans laquelle il affirmait que ce gouvernement ne veut pas vraiment d’une « solution à deux Etats« , et que si un accord basé sur cette idée était mise au vote il y aurait une majorité de ministres pour voter contre.

Dans la même interview il estimait pourtant cette hypothèse assez improbable, parce que – disait-il – si le Premier ministre Netanyahou appelait à la reprise de négociations avec les Palestiniens c’est parce qu’il savait fort bien qu’elles ne déboucheraient en aucun cas sur un accord.

Danon a donc confirmé que la volonté israélienne, et Étatsunienne, est de négocier encore, et encore, et encore… à l’infini sans jamais conclure pendant que l’essentiel de l’objet même des pourparlers – le territoire de la Palestine – disparaît à mesure que s’intensifie la colonisation de la Cisjordanie. Haaretz demande à Netanyahou de rappeler Danon à l’ordre pour ces déclarations qui, selon le journal, nuisent au gouvernement d’Israël et au pays.

Le problème est sans doute que Danon dit tout haut ce que pas mal de ses collègues, y compris le premier d’entre eux, pensent tout bas. C’est pas très convenable, mais c’est instructif.

L.D.

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