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Mustapha Awad au Congrès statutaire de la FGTB Charleroi et Sud-Hainaut

Après avoir participé au rassemblement du 1er Mai de la FGTB de Charleroi, Mustafa Awad a été invité au congrès statutaire de la régionale ce vendredi 17 mai au CEME de Dampremy. Il a remercié les camarades pour leur soutien exemplaire et a pu témoigner, devant quelques 300 délégués et militants, des conditions de son arrestation et de sa détention arbitraire.

Je suis né et j’ai grandi dans un camp de réfugiés au Liban. J’avais un rêve : retourner en Palestine. J’ai réalisé que cela n’était pas si évident que ça. Je savais que je n’avais pas d’avenir au Liban. J’ai donc décidé de venir en Europe pour avoir un avenir, avoir un passeport et avoir la possibilité de visiter dans mon pays, la Palestine, comme l’a fait un groupe de jeunes Carolos. 

En Belgique, je suis un activiste et je fais partie d’un groupe de danse. Nous participons à beaucoup d’activités sur la Palestine et en soutien avec les prisonniers palestiniens. Jamais je n’aurai pensé être prisonnier en Israël moi-même.

Ils m’ont arrêté et m’ont accusé d’être un terroriste. Ils m’ont enfermé dans un centre de renseignements, dans une toute petite cellule froide. Quand ils m’attachaient, ils m’attachaient à une chaise en fer. L’interrogatoire prenait 19 à 20 heures. Ils ne me laissaient pas dormir, même quand j’étais dans ma cellule.

Pendant 3 semaines, je n’ai pas pu téléphoner à l’ambassade belge, je ne voyais pas mon avocat. Quand j’étais dans le tribunal, mon avocat devait attendre dehors et je devais attendre dehors quand lui était à l’intérieur.

Après l’enquête et ses jours difficiles, j’ai pu rejoindre une prison « ordinaire » et j’ai pu rentrer en contact avec mon avocat et le consulat belge.

Une des choses les plus difficiles était le transport. J’étais transféré en car entre deux  prisons ou pour aller au tribunal. C’étaient des cars en métal, l’hiver il faisait glacial, l’été étouffant.

J’étais emprisonné dans le Nord d’Israël. Pour aller jusqu’au tribunal à Tel-Aviv, il faut une heure en voiture. En car, il fallait huit heures.

Le 21 mars, ils sont venus m’informer qu’ils devaient me libérer. J’étais tellement content. Ils m’ont conduit au service d’immigration à Tel-Aviv où ils m’ont annoncé que je ne pouvais pas retourner en Belgique parce que je n’avais pas mon passeport (qu’ils m’avaient confisqué lors de mon arrestation).

Pendant une semaine, je n’ai pas eu de nouvelles de l’ambassade. J’avais juste besoin d’un passeport temporaire pour pouvoir revenir en Belgique. Je l’ai seulement reçu quelques heures avant mon vol pour la Belgique. Quand j’ai interpellé le consulat par la suite concernant cette attente, on m’a simplement dit : « Désolé, mais c’était un long weekend ».

Mustapha a remercié la FGTB de Charleroi pour son soutien important : « Sans les gens qui m’ont soutenu ici en Belgique, et sans la FGTB, je serais toujours en prison en Israël. Merci les camarades ! La solidarité est nécessaire ! »

Dans son discours de clôture, le président Antonio Cocciolo a réaffirmé le soutien de la FGTB à la Palestine et aux prisonniers palestiniens. Il a cité les chiffres des hommes, femmes et enfants qui ont été enfermés dans les prisons israéliennes. « La Palestine doit être une cause défendue par tous les progressistes », a-t-il conclu. Dans le hall d’entrée du CEME figurait une expo photo du voyage des jeunes Carolos, organisé en 2017 à l’initiative de la Plate-forme Charleroi-Palestine. Sur le podium : des drapeaux palestiniens.

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