Dans l'actu

Mohammed Dragma, mort pour «un malentendu»

« Un malentendu…« .  Mohammed Dragma, 20 ans, habitant la petite ville de Tubas, près de Naplouse, a été abattu par des soldats israéliens. « Un malentendu…« , c’est l’oraison funèbre officielle que lui a réservée un porte-parole de l’armée israélienne.

La scène s’est passée vendredi dernier au checkpoint de Beka’ot, dont Mohammed Dragma s’est approché en marchant en dehors des clous… enfin, disons sans faire sagement la file pendant des heures comme c’est le sort de dizaines de milliers de Palestiniens chaque jour, pour peu qu’ils aient l’idée saugrenue de se déplacer, d’aller au travail par exemple.

Dragma n’a pas compris les ordres que lui aboyait un soldat. Ou en tous cas il n’a pas obtempéré. Le soldat lui a donc tiré dessus. Normal. Banal. En tous cas «la procédure a été respectée», affirme l’armée israélienne, dont les «communicants» répètent à longueur de temps ce que disent tous les criminels de guerre depuis le procès de Nuremberg.

Atteint d’une balle dans la cuisse, selon la version officielle, Mohammed Dragma a continué à marcher en direction du checkpoint (comme quoi une fois morts les Palestiniens peuvent être considérés par l’ennemi comme des surhommes).

Qui plus est, il avait une bouteille à la main, que certains soldats disent avoir pris pour un couteau. Imaginez, un homme seul avec un couteau face à un groupe de soldats caparaçonnés et armés jusqu’aux dents… on était à deux doigts d’un nouvel Holocauste, à n’en pas douter. Alors, d’autres soldats lui ont tiré dessus à leur tour et l’ont achevé.

Dragma est mort, comme des milliers d’autres avant lui, comme bien d’autres encore aujourd’hui, demain, dans les années à venir. L’armée israélienne assure qu’une enquête a été ordonnée. Ceux qui en sont chargés s’interrogent  gravement, pour savoir si Dragma ne souffrait pas de troubles mentaux. Les troubles mentaux de la société israélienne ne font pas partie de leur champ d’investigation.

L.D.          

Print Friendly, PDF & Email