Dans l'actu

Michel Bühler a accompagné 50 parlementaires européens dans le territoire palestinien de Gaza

Submergé par l’émotion. Le chanteur Michel Bühler a accompagné une cinquantaine de parlementaires européens, dont trois Suisses – Josef Zisyadis, Jean-Claude Rielle et Geri Müller –, durant un voyage de deux jours dans la bande de Gaza. Objectif de la visite: obtenir la levée du blocus du territoire palestinien. Interviewé par la radio à son arrivée, l’artiste a répondu la gorge plus que serrée. Il nous parle de la situation de la région.

A votre arrivée à Gaza, vous sembliez très ému. Pourquoi ?
C’est poignant d’arriver dans un endroit coupé du monde de la sorte. Depuis janvier dernier, Gaza, c’est comme une prison. Il n’y a aucun moyen d’en sortir et les marchandises ne passent quasiment pas. Cela fait une année que cela dure. Quelques convois humanitaires ont pu passer mais la reconstruction n’a pas pu se faire.

Comment vivent les habitants de Gaza ?
Ils se débrouillent. Tout le monde sait qu’il y a des tunnels avec l’Égypte par lesquels arrivent les produits de première nécessité. Il y a à manger mais les habitants vivent avec le minimum. Ils conservent une dignité certaine. Il n’y a pas de misère. Le problème, c’est que rien ne peut sortir. Actuellement, c’est la saison des fraises. Jusqu’à présent, elles étaient exportées. Cette année, elles vont pourrir sur place.

Que retenez-vous des rencontres avec les habitants de Gaza ?
Deux déclarations m’ont marqué. La première était celle d’un jeune à qui j’ai demandé comment il voyait son avenir. Il m’a répondu: «J’attends de mourir.» La deuxième, celle d’un vieux paysan dont la famille avait été tuée et la ferme détruite. Lui m’a simplement dit: «Personne n’a pitié de nous.»

Avez-vous dû choisir entre vous rendre à Gaza ou en Haïti que vous connaissez très bien et qui a été secoué par un terrible tremblement de terre ?
Non. Le voyage à Gaza était prévu depuis plusieurs semaines. Ce qui se passe en Haïti est épouvantable. Si je pouvais et si quelqu’un a besoin de moi, j’y retournerai. Mais la tragédie haïtienne ne doit pas faire oublier la situation à Gaza.

Sébastien Jost – le 17 janvier 2010,

Le Matin (Suisse)

Print Friendly, PDF & Email