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«Mavi Marmara» : le 1er avril a pris de l’avance en Israël

On n’est pas encore le 1er avril, mais tout ce qu’Israël compte d’humoristes s’évertue pourtant à le faire croire.

Ainsi, dimanche, la commission d’enquête chargée par le gouvernement Netanyahu d’enquêter sur le massacre commis par les commandos de marine israéliens, le 31 mai dernier, à bord du navire civil « Mavi Marmara« , dans les eaux internationales, a conclu à la surprise générale que les braves assassins en uniforme ont agi “conformément au droit international” et en état de légitime défense. D’ailleurs, le blocus de Gaza est lui aussi, au passage, déclaré légal.

Par souci de crédibilité, sans doute, la commission suggère toutefois au gouvernement Netanyahu de chercher les moyens de “concentrer ses sanctions contre le Hamas tout en évitant les conséquences négatives contre la population civile”. Ce faisant, elle reconnaît bien que ce blocus est une punition collective qui touche toute la population, ce qui revient à dire qu’elle est illégale… De l’art d’affirmer une chose et de démontrer le contraire aussitôt.

Le monde entier affirme d’ailleurs que ce blocus est illégal (sans aller jusqu’à exiger sérieusement qu’il soit levé, il est vrai). Mais qu’importe : dans la grande tradition de Ben Gourion les dirigeants israéliens considèrent que “ce que disent les Goys n’est pas important, ce qui est important, c’est ce que font les Juifs”.

Pour rappel, Israël a toujours refusé toute commission d’enquête internationale présentant le minimum de garanties d’indépendance et d’impartialité.

C’est donc sans la moindre surprise qu’on apprend dans Haaretz qu’à la minute même où la commission d’enquête déposait officiellement son rapport il était déjà disponible dans une version traduite en anglais, laquelle devait servir à une grande campagne gouvernementale de “public relations”.

La publication de ce soi-disant rapport de soi-disant enquête, est un non-événement, puisque les conclusions en étaient en fait connues dès le premier jour, voire même avant même que la commission soit constituée. L’opinion israélienne s’était d’ailleurs surtout passionnée à propos de la composition de la commission : combien de femmes devaient en faire partie ? Là résidant le seul point d’incertitude.

Deuxième bonne blague dominicale : Avigdor Lieberman propose… un État palestinien provisoire, sur la moitié de la Cisjordanie. En attendant un règlement définitif, qui à n’en pas douter lui en accorderait – dans l’esprit malade de ce fasciste patenté – encore moins.

Depuis quelques mois, il ne passe pratiquement pas une semaine sans qu’un État membre de l’ONU supplémentaire annonce qu’il a décidé de reconnaître la Palestine « dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-est pour capitale« . Le dernier en date était la Russie – membre du « Quartet » – dont le Président Youri Medvedev a affirmé cette semaine, à Ramallah, que son pays endosse pleinement la position qui était celle de l’URSS dès 1988.  Au Conseil de sécurité de l’ONU, saisi d’une proposition allant dans le même sans, les États-Unis sont sous pression.

La proposition Lieberman a donc quelque chose de pathétique, et vise seulement à essayer de faire baisser la pression sur Israël. Saeb Erekat l’a aussitôt qualifié de “blague”. De mauvais goût, mais que pouvait-on attendre d’autre de Lieberman ?

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