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Mavi Marmara : 308 balles pour un massacre en haute mer

Les commandos israéliens qui ont arraisonné le “Mavi Maramara” et les autres bâtiments de la “flottille de la liberté” en haute mer, le 31 mai dernier, ont tiré 308 balles réelles lors de l’assaut donné sur le navire-amiral de la flottille de militants pro-palestiniens , a déclaré dimanche le patron de Tsahal devant la commission d’enquête israélienne sur ces événements, présidée par un ancien magistrat.

ashkenazi_gabiLe général Gabi Ashkenazi, qui prendra sa retraite début 2011, a réaffirmé que la mort de neuf militants à bord du “Mavi Marmara” était inévitable, les soldats ayant “été obligés” de “répliquer” à des passagers armés. Les commandos étaient – dit-il, équipés de matériels anti-émeutes mais ont rapidement “dû recourir aux tirs à balles réelles parce que “s’ils ne l’avaient pas fait, il y aurait eu plus de victimes, a-t-il expliqué aux six membres de la commission Turkel.

Autrement dit, quand des pirates montent à l’abordage d’un navire civil en haute mer, s’ils usent d’armes à feu et tuent des passagers, c’est uniquement par sens du devoir…

Selon Ashkenazi, 308 balles réelles ont été tirées par les commandos israéliens. Un proche conseiller du général a précisé à Reuters que 70 balles visaient à provoquer des blessures, les autres étant des tirs de sommation.  Ces chiffres semblent correspondre à ceux des médecins légistes turcs, selon qui les neuf morts ont été touchés par 30 balles au total, 24 autres passagers présentant des blessures.

Le général israélien a affirmé que des passagers s’étaient emparé de trois pistolets Glock et d’un pistolet mitrailleur automatique Uzi lorsque les premiers soldats ont débarqué sur le pont du Mavi Marmara. Les soldats “ont tiré sur ceux qui les ont manifestement attaqués, et non sur ceux qui ne l’ont pas fait”, a-t-il déclaré.

Les militants qui se trouvaient à bord assurent n’avoir pas fait usage des armes prises aux soldats. Un rapport du Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme – boycotté par Israël, qui en la matière s’en tient à sa ligne de conduite éternelle – suggérait le mois dernier que certains passagers été abattus alors qu’ils ne représentaient menace pour les pirates israéliens. Quoi qu’il en soit, il ne faudrait pas inverser les rôles : les agresseurs, en violation de toutes les lois internationales (une autre vieille tradition israélienne) étaient bien les militaires israéliens, et les passagers se trouvaient dans tous les cas de figure en état de légitime défense (autre chose étant de savoir si une éventuelle résistance armée était la conduite adéquate).

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