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Marée noire à Jérusalem en faveur de la ségrégation scolaire entre “enfants purs” et enfants sépharades

maree_noireCent mille manifestants ultra-orthodoxes se sont réunis à Jérusalem et Bnei Brak, jeudi, pour soutenir le droit des parents ashkénaze hassidiques à garder leurs enfants dans des classes séparées des enfants de famille  sépharades “mizrahim”, c’est-à-dire des Juifs originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, qui sont l’objet en Israël de nombreuses formes de discriminations (voir ICI, , et encore ICI, sans oublier ICI).

Cette manifestation fait suite à une décision de la Cour suprême a condamné à deux semaines d’emprisonnement les parents d’enfants ashkénazes qui refusent de les laisser fréquenter la même école que des enfants “mizrahim”, et leur prodiguent un enseignement séparé, réservé aux “enfants purs.

Pour mémoire, lors de l’agression contre Gaza, en décembre 2008 – janvier 2009, les manifestations de protestation en Israël avaient rassemblé environ 1.000 personnes, et récemment, le massacre commis en haute mer à bord du Mavi Marmara avait mobilisé 5 à 6.000 manifestants.

Selon Haaretz,« la police a donné une autorisation pour une manifestation forte de 20.000 personnes à Jérusalem, qui sera dirigée par des leaders politiques et religieux haredis Ashkenazes . Le nombre pourrait largement dépasser ce chiffre, à en juger par les appels émis par les chefs de yeshivas et les écoles pour l’annulation des cours aujourd’hui afin que les étudiants puissent assister à la manifestation ».

Tous les leaders religieux ne sont cependant pas en accord avec ceux qui vont manifester :  « Je ne peux pas prendre part au racisme et à la discrimination qui a lieu, dont ceci n’est que la pointe visible de l’iceberg », a déclaré le rabbin Yuval Sherlo, qui dirige le programme conjoint armée-yeshiva à Petah Tikva. « Il est impossible de prétendre que c’est la loi juive ou qu’il sanctifie le nom de Dieu », dit-il.

Pourtant, la cristallisation de la tension autour de la décision judiciaire concernant une école de la colonie juive de Immanuel ne doit pas masquer le problème autrement vaste dont elle est un symptôme. C’est de la nature de l’État sioniste – prétendûment « juif et démocratique » – qu’il s’agit.

Ainsi, Yossi Sarid écrit-il dans Haaretz : « Pendant de nombreuses années la guerre des cultures a pesé sur nous comme un nuage sombre, comme une menace. Ce qui se passe maintenant c’est que la guerre a éclaté. La grande révolte Haredi a commencé et fait rage sur plusieurs fronts – à Jérusalem, Ashkelon, Jaffa, Immanuel, Beer Sheva – et aucun lieu n’est épargné. La communauté ultra-orthodoxe, qui a toujours abattu nos arbres, est maintenant en train de les déraciner. Elle va détruire les valeurs de base, sans laquelle un État démocratique et développé ne peut pas exister. Il sera perdu à moins qu’il ne se laisse pas faire. »

MANIF ANTI-ARCHEOLOGUES A JAFFA

Des centaines de haredim ont manifesté, mercredi à Jaffa, près d’un site archéologique. Ils s’opposent aux dégradations que vont engendrer les fouilles, sur les tombes juives environnantes. Selon les ultra-orthodoxes, les recherches en cours profanent un sanctuaire.

Selon la police, la manifestation était illégale et 15 haredim ont été arrêtés. Les manifestants auraient attaqué les policiers avec des briques et des pierres et lancé des cannettes et autres projectiles. Ils auraient également tenté de frapper les policiers à cheval. Cinq d’entre eux ont été blessé.

Deux photographes ont également été pris à partie, et un journaliste de Kol Israël a dû se réfugier dans un fourgon de la police. Les manifestants ont forcé l’entrée du vieux cimetière juif, fermé à cause du chantier de fouille archéologique. Les rues Louis Pasteur et Yefet étaient fermées à la circulation.

L’Autorité des Antiquités d’Israël a déclaré que des actes de vandalisme ont été commis sur des vestiges de la période ottomane. “Les dégradations occasionnées sur les vestiges sont irréversibles”, selon Yoav Arbel, directeur des fouilles.

A Jérusalem, le “Centre Simon Wiesenthal” va faire ériger (pour 150 millions de dollars fournis en grande partie par des Juifs de Californie) un “musée de la tolérance” (sic) sur un cimetière musulman du XIIème siècle. Les dépouilles mortelles qui s’y trouvent ont été qualifiées de “pestilence” à éliminer par les promoteurs du musée.

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