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Mahmoud Sarsak, enfin libéré !

Le jeune footballeur palestinien Mahmoud Sarsak, qui a passé trois ans en détention administrative (c’est-à-dire sans connaître les charges retenues contre lui et sans jugement) en Israël a enfin été libéré après une grève de la faim de trois mois. Arrivé libre ce mardi après-midi à Gaza, il a été accueilli par sa famille ainsi que par des centaines de personnes, brandissant des drapeaux et des photos de prisonniers palestiniens. Il a été conduit, accompagné par la foule, à l’hôpital Shifa de la ville de Gaza pour y subir des examens médicaux.

Qui peut s'imaginer les souffrances de cette mère qui n'a pas eu l'autorisation de rendre visite à son fils en prison pendant trois ans, même pas lorsqu'il était près de la mort ?

Qui peut s’imaginer les souffrances de cette mère qui n’a pas eu l’autorisation de rendre visite à son fils en prison pendant trois ans, même pas lorsqu’il était près de la mort ?

« Ma libération est une victoire non seulement pour moi, mais pour le peuple palestinien et les Palestiniens détenus dans les prisons de l’occupant », a-t-il affirmé en remerciant tous ceux qui l’ont soutenu. « Je ne peux pas dire à quel point je suis joyeux et en même temps je n’oublie pas les cris des détenus encore dans les prisons israéliennes », a-t-il déclaré à son arrivée.
Amnesty International a salué dans un communiqué cette libération mais souligné qu’elle ne « traduisait aucun changement fondamental dans l’utilisation par les autorités israéliennes de la détention administrative« .

«Si la libération tant attendue de Mahmoud al Sarsak est un immense soulagement pour sa famille et ses amis, elle n’indique en rien un changement fondamental dans l’application de la détention administrative en tant que politique d’État, a estimé Ann Harrison, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International. En fait, elle ne fait que souligner à quel point ce type de détention est injuste, arbitraire et secrète.

«Israël doit immédiatement cesser de recourir à la détention administrative et libérer tous les Palestiniens détenus en vertu de dispositions légales qui permettent son application, ou les inculper et les juger de manière équitable devant une cour de justice qui respecte les normes internationales. Plus particulièrement, il convient d’abroger la loi relative aux combattants illégaux.»

La détention administrative, héritée du mandat britannique sur la Palestine, autorise l’incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

Le 3 juin, Mahmoud Sarsak, qui en était à son 78e jour de sa grève de la faim et Akram Rikhawi, à son 59e, avaient lancé un appel de détresse au monde : « N’attendez pas que nous soyons dans notre linceul ».

La photo d'Akram Rikhawi se trouve à gauche sur l'affichette

La photo d’Akram Rikhawi se trouve à gauche sur l’affichette

Si Mahmoud est libéré, Akram Rikhawi est toujours en prison. Il en est à son 92e jour aujourd’hui et souffre de plusieurs problèmes de santé. Samr Al Barq a fait 51 jours de grève de la faim. Hassan Safadi, pour qui il s’agit d’une renouvellement de sa grève de la faim, a de nouveau cessé de manger depuis 21 jours.

Israël ne respecte toujours pas les termes de l’accord obtenu après la dernière grève massive des prisonniers.

Au 14 mai, 4653 Palestiniens étaient détenus dans les prisons israéliennes, dont 218 mineurs.

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