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L’Union Européenne participe activement à la campagne de diffamation israélienne contre BDS

Des fonctionnaires de l’Union Européenne conseillent à la Commissaire à la Justice de dénigrer les militants pro-palestiniens. Vera Jourova, commissaire à la justice de l’UE, a reçu il y a quelques semaines un document contenant des recommandations sur la façon de traiter différents sujets lors d’une discussion avec le lobby pro-israélien. 

Préparé par les fonctionnaires de “Bruxelles”, le document fournit un argumentaire sur la «position» de l’UE concernant le mouvement de“Boycott, Désinvestissement, Sanctions” (BDS) dirigé par les Palestiniens. Il y est prétendu que “l’encouragement des boycotts contre les institutions culturelles ou académiques ou des artistes contredit la position de l’UE sur la non-discrimination et la liberté d’expression”.

La présentation qui est ainsi fait du mouvement BDS est trompeuse. En effet, ses activités sont soumises à des lignes directrices qui précisent sans aucune ambiguïté que le boycott culturel ne cible pas les artistes israéliens en tant qu’individus. Le boycott culturel s’applique aux artistes qui représentent l’État israélien ou des institutions complices de crimes israéliens, ou encore participent à des opérations de promotion de l’image d’Israël destinées à détourner l’attention de l’oppression des Palestiniens.

Le document d’information de la Commissaire Jourova – dont communication a été obtenue en vertu des règles de liberté d’information – peut être lu ci-dessous. Il a été préparé en vue d’une cérémonie commémorative de l’Holocauste tenue en janvier de cette année à Bruxelles, à l’initiative de l’ambassade d’Israël auprès de l’U.E et de l’“American Jewish Committee”, un groupe de pression pro-israélien. 

Les fonctionnaires européens qui ont rédigé ce document recyclent pratiquement textuellement des accusations lancées en 2016 par Katharina von Schnurbein, coordinatrice de l’U.E. en matière d’antisémitisme. Von Schnurbein avait affirmé que «les incidents antisémites augmentent après les activités BDS» dans les universités européennes. Elle n’a jamais été en mesure de fournir le moindre exemples précis de ces prétendus incidents lorsqu’on le lui a demandé. Le bureau de Jourova n’a pas davantage répondu aux demandes de commentaires.

“Consterné”

Le Comité national BDS, la coalition de la société civile palestinienne qui coordonne les activités de boycott, a déclaré s’est déclaré “consterné” par le document de Jourova. Ce document “diffame le mouvement BDS” en le présentant comme antisémite, a déclaré Ingrid Jaradat, conseiller juridique du comité.

Un détail crucial omis dans le document de l’U.E. est que le mouvement BDS a constamment dénoncé le fanatisme anti-juif. Le document de Jourova est d’ailleurs en contradiction avec les commentaires précédents formulés par d’autres représentants de l’U.E.

La responsable de la politique étrangère de l’Union, Federica Mogherini, a déclaré l’année dernière que l’U.E. «défend fermement la liberté d’expression et d’association». Bien qu’elle s’oppose au boycott d’Israël, Mogherini a reconnu que les militants ont le droit de défendre les BDS. Ce droit est protégé par la Charte des droits fondamentaux de l’U.E., a-t-elle fait observer. Malgré la clarté de cette déclaration, certaines institutions et gouvernements de l’UE ont continué à faire ouvertement preuve d’hostilité contre le mouvement de solidarité palestinien.

Malhonnêteté

Ayant jugé bon d’inviter Benjamin Netanyahou à la commémoration de la “rafle du vélodrome d’hiver” – l’arrestation par la police française en juillet 1942 de plus de 13.000 Juifs qui furent déportés et pour la plupart exterminés –  Emmanuel Macron, a confondu l’opposition à l’idéologie de l’État d’Israël, le sionisme, avec la haine des Juifs. Dimanche, Macron a qualifié l’antisionisme de “simple réinvention de l’antisémitisme”.

Ces commentaires de Macron font écho aux efforts déployés par d’Israël et de ses partisans depuis des décennies pour faire croire que les militants de la solidarité palestinienne ont des arrière-pensées antisémites, et ainsi les identifier peu ou prou au nazisme. Ces efforts de propagande ont été entrepris depuis au moins 1973, alors qu’Abba Eban, ministre des affaires étrangères d’Israël à l’époque, qualifiait l’antisionisme du «nouvel antisémitisme». 

Cette malhonnêteté délibérée a été reflétée par une définition plus que douteuse de l’antisémitisme approuvée l’année dernière par l’“International Holocaust Remembrance Alliance”, un organe intergouvernemental.

Cette définition est pratiquement identique à celle proposée par les groupes de pression pro-israéliens plus d’une décennie plus tôt. Il recommande que les critiques d’Israël – telles que la description du fondement idéologique de cet État comme raciste – soient considérées comme antisémites.

Même l’auteur principal de la définition, anciennement un personnage principal du Comité juif américain, a fortement critiqué les efforts pour l’utiliser afin d’étouffer la critique d’Israël.

Pourtant, le gouvernement allemand s’est montré particulièrement favorable à la définition. À la fin de 2016, Frank-Walter Steinmeier, alors ministre allemand des Affaires étrangères, a contacté des dirigeants de l’U.E. pour affirmer que la définition était un «instrument très utile pour lutter contre l’antisémitisme – tant pour la police que pour la science et l’éducation».

Cette définition n’est pas juridiquement contraignante. Pourtant, 24 des 28 gouvernements de l’U.E. l’ont approuvé. Selon les documents internes, les services de police dans un certain nombre de pays de l’Union utilisent déjà la définition à des fins de formation de leur personnel.

Lors d’une visite en Israël le mois dernier, la Commissaire Jourova a publié une déclaration conjointe avec ses hôtes qui applaudissaient le Parlement européen pour avoir approuvé la définition. Elle a encouragé les gouvernements à l’utiliser tout en surveillant les activités de leurs citoyens.

Ce n’est pas la première fois que des représentants de l’Union européenne envoient des signaux contradictoires. Les champions supposés de la liberté d’expression tentent de museler les voix discordantes afin d’apaiser un gouvernement israélien de plus en plus belliqueux

Jourova_EU_BDS_diffamation

Le document de l’U.E.

 


Source :  David Cronin – EU spreads lies about Israel boycott – Traduction et adaptation : Luc Delval

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