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L’UNESCO une fois de plus sous le feu des critiques d’Israël et des USA à propos de Jérusalem et Hébron

Le comité de l’UNESCO (agence des Nations-Unies pour l’éducation, la culture et la science) compétent pour “le Patrimoine Mondial” (World Heritage Committee, où siègent des représentants de 21 nations, élus par l’Assemblée générale de l’ONU) a adopté mardi dernier une résolution par laquelle il réaffirme que l’organisation internationale ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur Jérusalem-Est, territoire occupé depuis 1967. Il condamne les politiques mises en œuvres par l’occupant dans la Vieille ville de Jérusalem. Dix membres ont voté en faveur de cette résolution, trois ont voté contre et huit se sont abstenus.

La résolution désigné Israël comme “puissance occupante” de Jérusalem-Est et mentionne que l’UNESCO “regrette l’incapacité des autorités d’occupation israéliennes à mettre fin aux fouilles incessantes, au creusement de tunnels, travaux et autres pratiques illégales à Jérusalem-Est, particulièrement à l’intérieur et autour de la Vieille Ville de Jérusalem, qui constituent une violation du droit international”.

Contrairement à celle qui avait été adoptée en octobre 2016, cette nouvelle résolution ne fait pas explicitement référence au complexe de la mosquée Al-Aqsa

Comme de bien entendu, l’ambassadeur israélien aux Nations-Unies, Danny Danon, a condamné l’adoption de cette résolution, qu’il qualifie de “honteuse”. “Aucun prétendu «comité du patrimoine» peut rompre les liens entre notre peuple [juif] et Jérusalem”, a-t-il affirmé. Le Ministre israélien des Affaires étrangères a pour sa part qualifié la résolution de “superflue et pathétique”. “Il s’agit d’une nouvelle décision absurde et sans objet de l’UNESCO, qui ne sert que les ennemis de l’histoire et de la vérité”, dit-il dans un communiqué dans lequel il réaffirme que Jérusalem est “la capitale éternelle du Peuple juif et d’Israël”.

L’Autorité Palestinienne de Ramallah s’est au contraire félicitée de l’adoption de cette résolution, qui – elle l’espère – est la première d’une série de prises de positions hostiles à la politique du gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens.

L’UNESCO doit se prononcer sur le classement éventuel de la vieille ville de Hébron et de la mosquée d’Abraham sur la liste du patrimoine palestinien en danger. En juin dernier, Israël a interdit l’accès de la ville de Hébron à des représentants de l’UNESCO, une décision “de principe et stratégique”, avait affirmé l’ambassadeur israélien à l’UNESCO, Carmel Sharma HaCohen.

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley – mieux connue pour son soutien inconditionnel à la politique du gouvernement israélien que pour ses compétences en matière de patrimoine – a pris position contre ce classement.

Selon l’agence de presse officielle palestinienne WAFA, le porte-parole de l’AP, Yousif al-Mahmoud, a demandé à la “communauté internationale” de mettre concrètement en œuvre sur le terrain les décisions de l’UNESCO “afin de mettre un terme à l’injustice, à l’oppression et à la domination de la puissance occupante contre notre population inébranlable dans la ville de Jérusalem et contre ses lieux saints islamiques et chrétiens”.


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