Dans l'actu

Lundi, des parlementaires européens présentent la note, très partielle, de ses crimes à Netanyahou : 1,2 milliard € (MàJ)

56 membres du Parlement européen (sur un total de 751) 1 ont l’intention – a-t-on appris – de présenter à Benjamin Netanyahou une facture de 1,2 milliard d’Euros, en indemnisation des destructions opérées par l’armée d’occupation israélienne en Cisjordanie, où elle s’en prend régulièrement à des installations financées par l’U.E. au bénéfice de la population palestinienne.

Des affiches ont fait leur apparition, la semaine dernière, dans le hall et les couloirs du Parlement européen, qui présentent au Premier ministre israélien la note de l’U.E. pour la démolition d’une multitude de projets humanitaires payés par les contribuables européens.

Des douzaines de parlementaires européens ont signé une pétition qui accompagne les affiches (et ils ont l’in­tention, semble-t-il, d’acheter une pleine page dans le quotidien Haaretz). Ils souhaitent – ironiquement, on voudrait le croire – la bienvenue à Netanyahou à Bruxelles, où il s’est imposé plus qu’il n’a été invité (de sorte d’ailleurs que sa visite et le petit-déjeuner de travail sont classés “non officiels”), et ils le prient de payer la douloureuse avant de repartir.

Le montant de cette facture est de 1,2 milliard d’Euros et représente le coût de la destruction de nombreux projets humanitaires financés par l’U.E., tous situés en “zone C”, c’est-à-dire en territoire sous le contrôle total d’Israël 2. Parmi les destructions opérées par l’occupant : des installations d’adduction d’eau pour des Bédouins dont les habitations sont régulièrement démolies par les soldats de “l’armée la plus morale du monde”, des constructions pour des écoles ou des jardins d’enfants, des conduites d’eau, des citernes, des panneaux solaires pour la productions d’électricité 3, des plantations d’arbres 4.

Des écoliers palestiniens étudient dans ce qui reste de leur école, rasée par l’armée d’occupation dans le cadre de la politique israélienne de nettoyage ethnique.

Selon les signataires de la pétition, environ 400 projets d’aide humanitaire financés par l’UE et les États membres construits pour les communautés palestiniennes vulnérables en Cisjordanie occupée ont été délibérément démolies ou confisquées par Israël en dehors des hostilités militaires et en violation du droit international humanitaire depuis en 2009, c’est-à-dire depuis que Netanyahou est devenu Premier ministre. Ils précisent que le montant 1,2 milliard d’Euros ne représente pas la valeur totale des installations détruites par Israël, mais uniquement la part qui avait été financée par l’U.E. ou ses États membres. Il ne comprend pas non plus le préjudice subi par les familles palestiniennes à qui ces projets devaient bénéficier, pas davantage que le tort infligé à toute perspective de paix 5.

Cette initiative s’inscrit dans un débat en cours au sein de l’U.E., puisque voilà un an que la commission compétente du Parlement européen avait recommandé que les États membres de l’Union réclament un dédommagement à Israël à chaque fois qu’une infrastructure financée par les Européens serait détruite volontairement ou confisquée. Mais depuis lors rien n’a été fait concrètement. C’est d’autant plus scandaleux que le problème est parfaitement identifié depuis bien longtemps, et qu’on ne peut éviter de conclure qu’il y a une volonté politique délibérée d’assurer à Israël une impunité qui heurte profondément la conscience.

Il est inconcevable que les institutions européennes et les États membres imposent une austérité à leurs citoyens pour tenter de gérer correctement les fonds publics, mais quand il s’agit du gouvernement d’Israël, qui démolit les projets financés par le budget de l’U.E. on ne s’en soucie pas” a déclaré Pascal Durand, parlementaire européen (Verts) qui participe à l’initiative.

Malheureusement, comme bien évidemment le camp sioniste tentait de lui opposer une accusation d’antisémitisme, M. Durand a cru devoir ajouter que les signataires de la pétition ne sont pas hostiles à la visite de Netanyahou à Bruxelles, mais seulement à la destruction de projets humanitaires. C’est bien sûr négliger que le premier ministre israélien est un  criminel de guerre  de la pire espèce, qui ne devrait être reçu nulle part aussi longtemps qu’il ne se conformera pas aux décisions du Conseil de sécurité de l’ONU et aux principes essentiels du droit international. Mais là encore, n’est-ce pas, il s’agit d’Israël et pas d’un vulgaire État arabe indocile comme la Libye ou l’Irak, ou encore d’un État d’Afrique noire dont on pourrait envoyer les dirigeants devant la CPI…

L.D.               

Print Friendly, PDF & Email

Notes   [ + ]

1. Les parlementaires européens signataires sont : 

  1. Pascal Durand
  2. Marie Arena
  3. Javier Nart
  4. Patrick Le Hyaric
  5. Antonio Pier Panzeri
  6. Fabio Massimo Castaldo
  7. Philippe Lamberts
  8. Ana Gomes
  9. Margrete Alken
  10. Marita Ulvskog
  11. Barbara Spinelli
  12. Sergio Gaetano Cofferati
  13. Julie Ward
  14. Ignazio Corrao
  15. Eva Joly
  16. Alfredo Sant
  17. José Bové
  18. Ivo Vajol
  19. Keith Taylor
  20. Soraya Post
  21. Karima Delli
  22. Javier Couso Permuy
  23. Florent Marcellsi
  24. Paloma Lopez Bermejo
  25. Jeppe Kopco
  26. Molly Scott Cato
  27. Bart Staes
  28. Bodil Vallero
  29. Alyn Smith
  30. Ernest Urtasun
  31. Linnea Engström
  32. Hughes Bayet
  33. Marc Tarabella
  34. Edouard Martin
  35. Rosa D’Amato
  36. Sabine Losing
  37. Laura Agea
  38. Eleonora Evi
  39. Tiziana Beghin
  40. Lynn Boylan
  41. Angela Vallini
  42. Neoklis Sylikiótis
  43. Younous Omarjee
  44. Yannick Jadot
  45. Helmut Scholz
  46. Tania Gonzalez Penas
  47. Eleonora Forenza
  48. Dario Tamburrano
  49. Marie-Poerre Vieu
  50. Judith Sargentini
  51. Marie-Christine Vergiat
  52. Takis Hadgigeoriou
  53. Martina Michiels
  54. Curzio Maltese
  55. Michèle Rivai
  56. Jill Evans
2. les zones A et B le sont aussi, mais l’occupant est parvenu à se décharger d’un certain nombre de responsabilités qui lui incombent normalement pour les faire endosser par l’Autorité Palestinienne, soi-disant “autonome”, et à faire passer cela pour un progrès vers “la paix” dont en fait il ne veut pas
3. L’occupant refuse de connecter un certain nombre de communautés palestiniennes au réseau de distribution, alors qu’il le fait pour des implantations juives que lui-même déclare illégales tout en les encourageant…
4. 3.200 arbres déracinés dans les environs de Hébron, en 2008, pour lesquels l’U.E. avait déboursé 64.000 €, et ce n’est bien entendu qu’un exemple
5. Il ne s’agit donc pas non plus des projets financés par l’U.E. et détruits par Israël dans la Bande de Gaza, comme l’aéroport international  (financé par l’UE à hauteur de 9,5 millions €).

1 Trackbacks & Pingbacks

  1. Quand l’extrême-droite israélienne et les militants de BDS arrivent à la même conclusion… – Pour la Palestine

Les commentaires sont fermés.