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L’UE doit appliquer des sanctions afin de mettre un terme à l’occupation israélienne

Publié sur le site du mouvement 11.11.11 (Flandres) –  la coordination regroupe 330 groupes locaux et 60 organisations

Le 3 juin 2016, les ministres des Affaires étrangères de 29 pays se sont réunis à Paris pour une conférence internationale sur le processus de paix israélo-palestinien. La déclaration de clôture n’est pas allée plus loin que le recyclage d’éléments à propos desquels un consensus existe déjà depuis plusieurs décennies. La Belgique et l’UE doivent passer à la vitesse supérieure pour mettre Israël sous pression afin que cesse une occupation qui dure depuis près d’un demi-siècle. À cette fin, on peut proposer un certain nombre de carottes, mais il convient aussi et surtout d’appliquer bien davantage le bâton.

Les participants se sont dits « alarmés de ce que des actes permanents de violence et la poursuite des activités d’implantation mettent en danger la perspective d’une solution à deux États ». Les 29 ministres des Affaires étrangères ont insisté en disant que « les deux camps doivent faire montre d’une application sincère afin de créer les conditions d’une cessation complète de l’occupation israélienne ». La déclaration de clôture a également promis de convoquer une nouvelle conférence internationale pour la fin de 2016.

La conférence n’est donc pas parvenue à aller plus loin qu’un recyclage de lieux communs à propos du conflit israélo-palestinien. Les participants ont dégagé un « accord » sur des choses à propos desquelles, en fait, ils sont déjà d’accord depuis quelques décennies.

La déclaration finale donne également la fausse impression que l’occupant israélien et le peuple palestinien occupé sont tout aussi coupables de la non-venue d’un accord de paix. Elle n’identifie pas l’expansion coloniale permanente d’Israël comme l’obstacle numéro un à la paix, et elle ne tient pas compte du fait que l’actuel gouvernement israélien s’oppose ouvertement à la création d’un État palestinien. La déclaration néglige également de rappeler à Israël ses obligations d’occupant vis-à-vis du droit international et de le mettre en garde contre les conséquences que pourrait entraîner la poursuite des violations de ce même droit international. Elle ne fait pas allusion non plus au fait que l’occupation israélienne célébrera en 2017 son cinquantième « anniversaire », alors que le droit international considère toute occupation comme une situation temporaire.

Sans un surcroît de pression sur Israël, 2017 ne sera pas le dernier « anniversaire » de l’occupation israélienne.

Proposer des carottes, c’est d’accord, mais pas neuf : En 2013, l’UE avait déjà proposé aux deux parties un « partenariat privilégié spécial » censé entrer en application dès qu’il y aurait un accord de paix final. Israël n’a jamais réagi à cette main tendue.

L’UE et la Belgique ne doivent donc pas se contenter de proposer des « carottes », mais également oser menacer du « baton ». Ainsi, au niveau de l’UE, la Belgique peut plaider pour une « différenciation » accrue entre Israël et les colonies israéliennes et, au niveau belge, appliquer à fond les directives existantes concernant l’étiquetage des produits des colonies et faire figurer une limitation de territorialité claire dans les accords bilatéraux avec Israël. En outre, la Belgique doit également instaurer une interdiction nationale d’importation des produits des colonies et, au sein de l’UE, plaider en faveur d’une interdiction d’importation générale pour l’Europe. Si Israël continuer à violer à grande échelle le droit humanitaire international et la législation internationale des droits de l’hommme, l’UE doit suspendre l’accord associatif avec Israël.


Publié le 4 juin sur le site de 11.11.11
Traduction : Jean Marie L. M. Flémal

Willem Staes est collaborateur politique pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

 
 
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