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L’U.E. subventionne la production de cosmétiques Ahava dans les colonies

David (Electronic Intifada)

Une fois de plus, l’Union Européenne (U.E.) s’enferme dans une attitude de déni à propos de son soutien financier aux politiques criminelles d’Israël.

Máire Geoghegan-Quinn, la Commissaire européenne à la recherche scientifique, a admis récemment que le producteur de cosmétiques Ahava a obtenu de l’U.E. plus d’un million d’Euros d’aides à l’innovation qui ont été versées ou le seront pour la période de 1998 à 2013.

Or, verser le moindre centime à Ahava implique qu’on apporte sa contribution à la violation du droit international, en raison des activités illégales de cette firme en Cisjordanie occupée.

Comme Máire Geoghegan-Quinn semble l’ignorer, elle serait bien inspirée de prendre connaissance du rapport publié en mai dernier [en] par l’organisation israélienne de défense des Droits de l’Homme B’Tselem, qui met en évidence le fait que Ahava est, pour une part, la propriété de deux colonies israéliennes implantées en territoire palestinien occupé : Mitzpe Shalem et Qalya. L’une et l’autre de ces colonies, par leur existence même, constituent des violations de la 4ème Convention de Genève de 1949, qui interdit à une puissance occupant de transférer une partie de sa population civile dans les territoires sous son contrôle.

En réponse à une question parlementaire à ce propos, Máire Geoghegan-Quinn a admis que certaines recherches financées par l’Union Européenne pourraient avoir été menées par Ahava en territoire occupé. Mais, dit-elle, étant donné que Ahava est « formellement établi à intérieur des frontières internationalement reconnues de l’État d’Israël » *, il n’y a pas de problème puisque « les bénéficiaires d’aides de l’U.E. ne sont pas tenus de réaliser les recherches pour lesquelles des fonds sont alloués au lieu de leur établissement« .

Peut-être serait-il bon qu’on rappelle à Máire Geoghegan-Quinn deux simples faits :

  1. les règles de l’U.E. prévoient que les projets de recherche qui violent « les principes éthiques fondamentaux » ne peuvent pas bénéficier d’aides. Or, il ne fait aucun doute que le fait de réaliser des travaux de recherche dans une ou plusieurs implantations illégales en territoire occupé constitue une telle violation.
  2. il se peut que Ahava mentionne comme adresse ses bureaux à Holon ou dans la zone industrielle de Tel Aviv appelée « Airport City » dans les dossiers introduits pour obtenir quelques friandises de la part de l’U.E. Mais il n’en demeure pas moins que l’essentiel de ses activités de fabrication ont lieu à Mitzpe Shalem. Si Máire Geoghegan-Quinn ne le croit pas, je l’invite à se rendre sur place et je ne doute pas qu’elle y recevra un accueil chaleureux au « Ahava’s official visitors’ centre« .

Une autre question me vient à l’esprit : pour quelle raison une partie de mes impôts seraient-ils versés à une firme privée produisant des cosmétiques ?

Un petit coup d’œil dans la base de données européenne Cordis, qui répertorie les aides à la recherche, montre que pour un des projets subventionnés, Ahava a pour partenaire le département U.S. de l’Intérieur, et que cette recherche porte sur l’impact que des nano-particules peuvent avoir sur l’environnement.

Alors, détrompez-moi s’il y a lieu, mais jusqu’à présent je n’ai jamais eu l’impression que le Département étatsunien de l’Intérieur était particulièrement soucieux de la santé des arbres et des dauphins. Alors, c’est quoi le but réel de ces recherches ?


* NDLR = A noter que ces « frontières internationalement reconnues » ne le sont pas par Israël, qui n’a jamais accepté de préciser où elles se situent puisque le but de tous les gouvernement israéliens successifs est de les repousser toujours plus loin (voir à ce propos dans une vidéo officielle du Ministère des Affaires étrangères israélien jusqu’où cela peut aller…). La seule frontière dont Israël ait précisé le tracé, tout récemment, c’est une frontière maritime en Méditerranée, tracé de maniè à s’approprier entièrement les ressources en gaz qui ont été détectées. Israël, pour la circonstances abandonne son souverain mépris pour l’ONU, et demande à celle-ci de garantir cette frontière…

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