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L’ONU invite l’Union Européenne à sortir de sa passivité face aux démolitions de maisons et au nettoyage ethnique en Cisjordanie

Un représentant de l’ONU a lancé un appel à l’Union Européenne pour qu’elle exerce enfin une pression sur Israël à propos de l’accélération des démolitions de maisons palestiniennes en Cisjordanie occupée.

Le directeur des affaires humanitaires de l’ONU dans les territoires palestiniens estime que l’U.E. devrait déployer des diplomates sur les sites visés par les démolitions, afin “d’envoyer un message politique” au gouvernement israélien.

L’Union Européenne, a estimé Robert Piper,assistant du Secrétaire Général de l’ONU et directeur des affaires humanitaires pour les territoires palestiniens, doit exercer une pression politique sur Israël en réaction à l’accélération des démolitions de maisons palestiniennes en Cisjordanie, qui sont des violations du droit international et nuisent de plus en plus à la réalisation des projets financés par la Communauté internationale. Ces remarques ont été émises à Bruxelles, au cours d’une rencontre avec des responsables de l’Union Européenne, indique l’agence REUTERS.

Avec plus de 540 démolitions ou confiscations en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année, l’armée israélienne d’occupation a déjà atteint ou dépassé le total de ce qu’elle avait commis durant toute l’année 2015, exerçant ainsi une pression grandissante sur la population palestinienne.

Nous sommes entrés dans une phase nouvelle et passablement perturbante dans la confrontation entre le droit international humanitaire et l’occupation israélienne en Cisjordanie”, a déclaré Robert Piper à REUTERS. L’armée israélienne affirme qu’elle démolit les “structures” construites par des Palestiniens parce qu’elles sont “illégales” : elles ont soit été construites sans permis, soit se trouvent dans une “zone militaire fermée”, soit elles ne respectent pas les plans d’urbanisme établis par l’occupant.

Le rythme des démolitions a dépassé tout ce qu’on a enregistré dans le passé, et nous ne sommes encore qu’au quatrième mois de cette année. Nous sommes inquiets à propos de ce que le reste de l’année réserve”, dit R. Piper.

CZRZnS8UMAAY5dD.png largeSelon lui, environ 140 projets d’aide humanitaire financés par les donateurs internationaux ont été détruits par l’armée israélienne, y compris des investissements réalisés par l’Union Européenne pour une valeur de plus de 200.000 €, et ces destructions ont causé environ 600 sans-abri dans la population palestinienne,  tandis qu’environ 2.000 Palestiniens ont perdu leurs moyens de subsistance.

En procédant de cette manière, dit encore le directeur des affaires humanitaires de l’ONU, Israël tend à chasser les Palestiniens de certaines parties de la Cisjordanie, afin d’y créer de nouvelles colonies, qui comme toutes les autres sont évidemment construites en totale violation du droit international.

Il est nécessaire que l’Union Européenne réfléchisse à sa stratégie et à la manière dont elle va réagir. Il ne peut pas ne pas y avoir de réaction à une telle provocation israélienne”, dit R. Piper, qui conteste vivement les justifications données par les militaires israéliens, puisque comme chacun sait si les Palestiniens construisent sans permis c’est parce que l’occupant ne leur laisse en pratique aucune chance d’en obtenir un.

Selon R. Piper, il y a eu jusqu’ici “beaucoup  de diplomatie à huis clos”, mais il est nécessaire maintenant que l’Union Européenne s’exprime publiquement sur la question, et fasse des gestes politiques comme le déploiement de ses diplomates sur les sites affectés par les démolitions, “afin d’envoyer un message à Israël”.

Nous devons aussi réclamer une compensation financière ou la restitution des biens détruits par la puissance occupante”, dit-il.

Les 28 pays de l’Union Européenne ont approuvé en mars une aide d’urgence à l’Autorité Palestinienne pour 2016, d’un montant de 252,5 millions d’Euros, afin d’aider les réfugiés palestiniens et de développer notamment des projets dans les domaines de la santé et de l’éducation.


D’après Gabriela Baczynska pour REUTERS.

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