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L’Oncle Sam rechigne à encore garantir les emprunts d’Israël

Un indice de plus qu’Israël est progressivement (quoique lentement) en train de perdre le soutien des États-Unis ?  Un rapport interne de l’inspection générale du Département d’État [1] recommande de mettre fin à la garantie accordée par Washington aux emprunts émis par Israël.

Ce rapport constate que l’ambassade U.S. à Tel Aviv a beaucoup de difficultés pour obtenir le soutien du gouvernement israélien – une coalition fragile dont les membres sont proches de la droite religieuse et s’expriment publiquement sans retenue – pour les politiques mises en œuvre par l’administration Obama.

Les diplomates U.S. en poste à Tel Aviv n’ont pas la vie facile, avec un gouvernement hostile à Obama, une opinion publique négative à l’égard d’Oncle Sam (la reconnaissance ne semblant pas être la qualité première du public israélien) et un paysage médiatique agité, etc…

L’ambassade états-unienne en Israël consacre chaque année 7 millions de dollars à des actions de « relations publiques » supposées influencer favorablement l’opinion locale mais sans grands résultats. « Une grande partie de l’opinion publique israélienne considère avec méfiance les efforts U.S. pour promouvoir les négociations visant à la mise en place d’un État palestinien« , disent les auteurs du rapport, dont Haaretz publie le contenu.

Mais les services de l’Inspection générale du Département d’État ne s’intéressent pas qu’à l’opinion publique israélienne, ils constatent qu’en 2002 les États-Unis ont donné leur garantie à des emprunts émis par Israël à hauteur de 9 milliards de dollars, ce qui évidemment permis aux israéliens de bénéficier de taux d’intérêts nettement plus bas. Ces emprunts devaient servir à financer une relance économique.

Une des conditions mises à l’octroi de cette garantie était qu’Israël n’utilise pas cet argent pour la construction de colonies, et l’inspections générale du Département d’État constate que les services de l’ambassade U.S. « consacrent un temps considérable à vérifier le respect des conditions« .

Et elle est d’avis que le moment est venu de préparer une « fin ordonnée » de cette garantie. « Israël a été admis à l’OCDE, ce qui témoigne que c’est maintenant une économie auto-suffisante, capable d’aider ses citoyens comme un pays industrialisé« , disent les auteurs du rapport, qui concluent  qu’il y a un « large consensus » pour que le programme de garantie s’achève à la fin de 2011.


[1] Département U.S. des Affaires étrangères

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