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L’OCDE admettra prochainement Israël comme membre, au mépris de ses propres règles

Le club sélect des pays les plus développés du monde, l’OCDE, est sur le point d’admettre Israël en tant que membre, même si, un document interne confidentiel montre que ce sera en violation de règles du dit club, et si cela consti­tuerait en outre une caution à l’occupation par Israël des territoires palestiniens, et de portions du territoire de la Syrie et du Liban.

Israël a été informée que son adhésion à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est quasiment assurée, lorsque les 30 États membres se réuniront en mai prochain, en dépit du fait qu’Israël a enfreint l’une des exigences majeures de l’organisation, à savoir fournir des données précises et transparentes sur son activité économique.

Les informations fournies par Israël, selon un rapport interne confidentiel, englobent non seulement l’activité économique de ses citoyens à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, mais aussi les colons juifs qui vivent dans les territoires occupés de Jérusalem-Est, la Cisjordanie et le Golan, en violation du droit international.

«Israël a été pris au dépourvu, car il a toujours refusé, même dans ses propres données internes, à faire la distinction entre Israël et les territoires occupés», a déclaré M. Hever. Jérusalem-Est et le Golan ont été annexées par Israël en violation du droit international.

«L’OCDE traite Israël comme si il avait sept millions de citoyens, alors qu’en réalité, il dispose de 11 millions de sujets, dont quatre millions sont des Palestiniens vivant sous occupation», a déclaré M. Hever.  « Si la totalité de la population étaient incluse dans les chiffres présentés à l’OCDE, Israël devrait se voir refuser l’adhésion en raison des disparités énormes dans la richesse ».

Meron Benvenisti, ancien maire adjoint de Jérusalem, a fait remarquer récemment qu’il y a un ratio de 20 à 1 en ce qui concerne la différence dans le produit intérieur brut par habitant entre un Israélien et un Palestinien vivant à Gaza. Les disparités de richesse se superposent très largement aux discriminations ethniques : la moitié de la population arabe israélienne (20% de la population) vit en-dessous du seuil de pauvreté, et en moyenne les citoyens israéliens arabes ont des salaires inférieur d’un tiers à ceux des Juifs occupant les mêmes emplois.

L’adhésion d’Israël à l’OCDE sur de telles bases menace d’embarrasser sérieusement de nombreux États membres de l’organisation, en particulier ceux de l’Union européenne qui sont publiquement engagés à éviter la collusion avec l’occupation. Mais on sait que des paroles aux actes…

Israël n’a pas mieux satisfait à d’autres conditions d’admission, dont la lutte contre la corruption et les violations des droits d’auteur (les États-Unis sont les grands défenseurs de la “propriété intellectuelle” à l’échelle mondiale, mais ne semblent pas avoir réalisé encore qu’Israël est une plaque tournante de la contrefaçon, notamment dans le domaine de l’industrie pharmaceutique…).

L’OCDE a demandé aux États membres de sévir contre les pratiques de corruption depuis qu’elle a approuvé une convention contre la corruption en 1997. Toutefois, Israël a été classé en 32ème place dans un indice important sur la corruption l’an dernier, une bonne partie ayant des liens avec l’industrie de l’armement (6 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel).

Quoi qu’il en soit, la constatation de ces irrégularité ne conduit pas l’OCDE à remettre en cause l’adhésion prochaine d’Israël :  l’organisation propose de contourner l’obstacle en demandant à Israël de produire de nouvelles statistiques conformes dans l’année suivant son adhésion. On préfère feindre d’ignorer que – comme un fonctionnaire de l’OCDE l’a admis – Israël disposerait, après son adhésion, d’un droit de veto concernant cette prétendue exigence. 

«L’OCDE semble être tellement déterminé faire entrer Israël qu’elle est disposée à couvrir les crimes de l’occupation», dit Shir Hever, économiste basé à Jérusalem. Israël a fait du lobbying pendant près de 20 ans pour être admis à l’OCDE, fondée en 1961 pour  permettre aux pays riches industrialisés de se rencontrer et de coordonner leurs politiques économiques et sociales.

«Les privilèges financiers liés à l’adhésion à l’OCDE sont relativement modestes, mais il y a un grand prestige d’être acceptée», a déclaré M. Hever. «Israël a travaillé si dur pour obtenir son admission parce qu’il croit que l’adhésion conférera une légitimité internationale à son occupation».

Plusieurs pays ayant un niveau de développement inférieur à celui d’Israël ont déjà été acceptées, dont la Turquie, le Mexique et la République tchèque. Jusqu’ici, Israël a échoué à se faire admettre au sein du “club” car de nombreux États s’y sont opposés en raison de l’occupation des territoires palestiniens, de Jérusalem-Est, et du Golan syrien.

Toutefois, Israël avait été officiellement invité à entamer des discussions sur l’adhésion en 2007, après un intense lobbying par Stanley Fischer, gouverneur de la Banque d’Israël.


Avec Jonathan Cook : http://www.jkcook.net/Articles3/0457.htm#Top
et Alternative Information Center (Jérusalem) : http://www.alternativenews.org

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