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Lieberman prend un rateau à la Knesset…

La proposition de loi introduite par le ministre Avigdor Lieberman, du parti Yisrael Beiteinu, visant à priver de tout financement public les partis politiques israéliens qui soutiennent le boycott des produits issus des colonies juives de Cisjordanie (nous l’évoquions ici) a été sèchement recalée au parlement (Knesset) par 60 voix contre 5.

Il ne s’agit cependant nullement d’un revirement de la tendance au sein du parlement israélien, qui multiplie les initiatives anti-démocratiques, mais d’une de ces querelles dont les parlementaires israéliens ont le secret. Les membres de la coalition gouvernementale avaient souhaité repousser le vote de deux semaines, pour disposer du temps nécessaire pour négocier un obscur accord en coulisses, mais Lieberman a refusé. Par conséquent, la coalition gouvernementale à laquelle il appartient a voté contre.

Mais tout en rejetant la proposition, le ministre du tourisme Yariv Levin a déclaré au cours du débat parlementaire que la coalition au pouvoir « soutient la proposition dans son principe« , et qu’il s’agit « d’un texte de grande valeur « . On peut donc s’attendre à ce qu’il soit adopté, sous une forme ou une autre, dans un avenir pas très lointain.

Lieberman, pour sa part, a adressé une violente critique, non dénuée de bon sens (!), aux travaillistes (la « gauche » dans l’opposition) : « Quand je les entend parler de boycotter la Judée, la Samarie [1] et le plateau du Golan, je me rappelle que ce sont les travaillistes qui ont fondé la plupart implantations qui s’y trouvent. Que l’opinion des travaillistes ait changé depuis lors n’implique pas que tous ceux qui y résident sont devenus des hors-la-loi « .

Par ailleurs, à l’extérieur du parlement, la vie continue et Israël évolue vers toujours plus de répression et d’autoritarisme  : pour la première fois, signale Haaretz jeudi matin, trois mineurs habitant Jérusalem ont été envoyés en prison pour trois mois sans jugement (régime de la « détention administrative »). C’est semble-t-il la première fois que des Palestiniens ayant la nationalité israélienne font l’objet d’une telle mesure, habituelle pour les autres Palestiniens.


[1] Judée et Samarie : les appellations adoptées par l’occupant israélien pour désigner la Cisjordanie. Le plateau du Golan est la partie de la Syrie qu’Israël occupe depuis 1967 et a annexée (annexion non reconnue en droit international).

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