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Libération des journalistes de France 3 : la propagande israélienne était en embuscade

Deux journalistes de France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, qui étaient retenus prisonniers par des « insurgés » en Afghanistan depuis un an et demi ont été libérés et sont rentrés à Paris jeudi matin. On ne peut évidemment que s’en réjouir. Rétrospectivement, on peut peut-être s’interroger sur l’utilisation incessante qui a été de l’expression « prise d’otages« , puisqu’aussitôt descendus de leur avions ils ont affirmé n’avoir jamais été menacés de mort ou maltraités, leur libération ayant toujours été présentée par leurs ravisseur comme une évidence dont seule la date était incertaine. Mais il est vrai que les média parlent de nos jours de « prise d’otages » pour une grève de conducteurs de bus, et qu’il faut donc s’habituer à ce que les mots n’aient plus, dans les média dominants, aucun sens.

Il faut cependant s’arrêter un instant sur la promptitude de prétendus journalistes, qu’on répugnera à qualifier ici, qui ont profité de l’occasion de la libération de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière pour se mettre une fois de plus et comme de coutume au service de la propagande de guerre israélienne.

Sur France 2, mercredi soir, dans une séquence passant en revue « les autres otages français toujours détenus dans le monde« , le cas du soldat israélien Gilad Shalit a été purement et simplement assimilé à celui des Français kidnappés au Niger par Al Qaeda au Maghreb Islamique.

Shalit, qui a certes la nationalité française mais n’était évidemment pas visé pour cela, n’était ni un journaliste, ni un travailleurs d’une ONG humanitaire, ni même un employé d’AREVA chargé de piller les ressources du sous-sol africain, c’était un soldat appartenant à une armée d’occupation coupable de milliers de crimes de guerre, fait prisonnier en opération dans une zone où les Palestiniens se font chaque jour tirer comme des lapins sans sommations s’ils approchent de la « frontière » à moins de 500 m. à 1 km, selon les endroits. Et ce n’est pas un uniforme français qu’il portait lorsqu’un commando palestinien l’a capturé.

Au surplus, l’armée à laquelle Shalit appartient détient des milliers de prisonniers palestiniens, dont plusieurs centaines d’enfants, et ne prend même pas la peine de nier qu’elle pratique la torture sur des prisonniers.



On peut, sans doute, regretter qu’aucune visite à ce prisonnier de guerre n’ait été autorisée, même aux représentants du CICR, depuis plusieurs années. Il faut toutefois tenir compte des conditions locales : Shalit est détenu « quelque part à Gaza« , c’est-à-dire dans une zone très restreinte et extrêmement peuplée et sous la surveillance constance des drones israéliens.

On sait par ailleurs qu’Israël entraîne des troupes tout spécialement en vue d’une opération de commando destinée – c’est affirmé très officiellement – non seulement à libérer Shalit, mais aussi à liquider ses gardiens. Pour ceux-ci, la préservation du secret sur le lieu de sa détention est donc une question de vie ou de mort (et, eux, ils savent par expérience qu’il ne s’agit pas d’une simple formule toute faite).

Comme de bien entendu, alors qu’on fait en France grand cas du sort de Shalit (sa famille mène en permanence campagne, avec une persévérance remarquable et digne d’éloges mais aussi des moyens matériels dont d’autres ne disposent pas), le sort de Salah Hamouri, condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire israélien (ce qui, sous l’angle des droits de la défense, ne veut guère mieux qu’un comité local d’insurgés afghans) sur base de vagues soupçons, que nous avons déjà évoqués ici à plusieurs reprises.

Il y a quelques jours encore, le maire « socialiste » de Paris, Bertrand Delanoë (celui qui fait donner le nom de David Ben Gourion à une partie de l’espace public parisien et qui s’est récemment déclaré pour la reconnaissance de l’État palestinien par l’ONU… parce que cela permettrait selon lui de relancer le « processus de paix » dont il sait pertinemment, n’étant pas complètement idiot, que c’est une supercherie qui n’a ouvert d’autre perspective que la colonisation de toute la Cisjordanie) a fait déployer une banderolle avec le portrait de Shalit sur « son » hôtel de ville. Et pas un mot concernant Hamouri.

A vomir.

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