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Libération de Khalida Jarrar – La dirigeante palestinienne de gauche appelle à l’action pour libérer les prisonniers palestiniens

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network

Députée palestinienne de gauche, féministe et avocate des prisonniers, Khalida Jarrar a été libérée le vendredi 3 juin, après avoir passé 14 mois dans une prison palestinienne. Toute une foule de partisans l’attendait au check-point de Jubara, près de Tulkarem.

Lors de sa conférence de presse, Jarrar a insisté en faveur de l’intensification des actions en faveur des prisonniers. « Nous devons passer des paroles aux actes. » Elle a dénoncé l’action du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en vue de réduire le nombre de visites familiales aux détenus masculins de deux à une par mois, disant que cette action devait être combattue et qu’elle était absolument rejetée par les prisonniers palestiniens. Les Palestiniens en prison attendent « une visite minute par minute », a expliqué Jarrar, faisant également remarquer que les visites de la famille sont d’une importance cruciale pour les prisonniers palestiniens, et ce, à bien des égards.

Jarrar a expliqué en détail la situation à laquelle étaient confrontées les détenues palestiniennes, sans omettre les difficultés de leur existence et les abus commis à leur égard par l’administration pénitentiaire israélienne. Elle a également parlé du travail des prisonniers entre eux afin de poursuivre collectivement la lutte, parfaire leurs connaissances mutuelles au contact les uns des autres et développer leur résistance à l’intérieur même de la prison. Jarrar a insisté sur le fait que les femmes palestiniennes en prison luttaient pour la libération nationale et sociale en tant que participantes et dirigeantes à part entière du mouvement des prisonniers palestiniens et de la lutte de libération de la Palestine.lle a particulièrement insisté sur le cas de Lena Jarbouni, la plus ancienne détenue palestinienne en Israël.

Khalida Jarrar et Lena Jarbouni

Emprisonnée depuis près de 15 ans, Jarbouni purge une peine de 17 ans. Palestinienne originaire d’Acre et titulaire de la citoyenneté israélienne, elle avait été accusée d’« aider l’ennemi » et condamnée à 17 ans de prison. Elle est la porte-parole et la représentante des détenues de la prison de HaSharon, et Jarrar a dit d’elle qu’elle avait été sa « professeure » et celle de leurs compagnes de détention : elle leur enseigne l’hébreu et joue un rôle important dans le plaidoyer pour l’éducation des détenues mineures. À de maintes reprises, Jarrar à insisté pour que s’intensifient les actions en faveur du soutien et de la mise en liberté de Jarbouni.

Karim Younis à côté de Marwan Barghouti

Elle a aussi mis en exergue les cas de Karim Younis et de Walid Abu Daqqa, deux des plus anciens détenus des prisons israéliennes, qui ont tous deux passé plus de 30 ans en détention. Elle a déclaré qu’elle avait brièvement rencontré Younis alors qu’ils étaient transportés dans un de ces tristement célèbres fourgons cellulaires qu’on appelle la « bosta », un véhicule métallique dans lequel les détenus sont maintenus durant de très longs trajets, que ce soit vers le tribunal ou vers l’hôpital. Elle a également déclaré qu’à l’approche du Ramadan, les prisonniers palestiniens languissent après des contacts avec leur famille, contacts qui leur sont refusés par l’occupation israélienne.

Jarrar, qui est membre du Conseil législatif palestinien pour le bloc Abou Ali Mustafa et qui est une éminente dirigeante de gauche du Front populaire de libération de la Palestine, est également membre de la direction d’Addameer, l’association de soutien aux prisonniers et des droits de l’homme, dont elle a été directrice exécutive. Durant toute sa vie, elle a combattu pour la liberté des Palestiniens, pour les femmes palestiniennes et pour les prisonniers palestiniens. « Nous faisons partie de la lutte mondiale de toutes les combattantes pour la liberté : contre l’injustice, contre l’exploitation et l’oppression », a expliqué Jarrar.

Arrêtée le 1er avril 2015 par des militaires des forces israéliennes d’occupation qui avaient fait irruption chez elle juste avant l’aube, Jarrar avait d’abord été placée en détention administrative sans accusation ni procès. À la suite de protestations internationales, Jarrar avait été chargée par un tribunal israélien de 12 motifs d’inculpation motivés entièrement par ses activités politiques publiques, y compris le fait d’avoir tenu des discours, d’avoir été présente lors de certains événements et d’avoir exprimé son soutien aux détenus palestiniens et à leurs familles. Elle avait été condamnée à 15 mois d’emprisonnement, en sus d’une suspension de prononcé et d’une amende.

Le réseau Samidoun de solidarité avec les prisonniers palestiniens salue Khalida Jarrar, une combattante pour la libération des prisonniers palestiniens dans leur ensemble, lors de sa remise en liberté des prisons de l’occupation et c’est avec une grande joue qu’il l’accueille à son retour chez elle. Nous nous joignons à ses appels à intensifier les actions an faveur de la libération des prisonniers palestiniens, à résister aux attaques du CICR contre les visites familiales aux prisonniers et à mener une campagne en vue de la libération de Lena Jarbouni et des autres détenues palestiniennes. Khalida Jarrar est une dirigeante nationale palestinienne et elle l’est restée derrière les barreaux de la prison, engagée dans la voie de la libération vis-à-vis de toutes les formes d’oppression et d’injustice. Nous félicitons Khalida Jarrar de sa remise en liberté et de son serment de poursuivre son combat jusqu’à la remise en liberté de chaque prisonnier palestinien et pour la liberté de la Palestine.


Publié le 3 juin 2016 sur Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Traduction : Jean-Marie Flémal

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