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Gidéon Levy fustige l’hypocrisie consistant à ne boycotter que les colonies

G_LevyLe journaliste israélien Gideon Levy qui a déjà pris position pour le boycott d’Israël dans le passé, insiste à nouveau dans un nouvel article « Seules des sanctions contre Israël mettront un terme à l’occupation » sur « l’hypocrisie consistant à ne boycotter que les colonies ».

«Chaque organisation, institution ou autorité israélienne est impliquée d’une façon ou d’une autre dans ce qui se passe au-delà de la Ligne verte [1]. Chaque banque, université, chaîne de supermarchés ou institution médicale a des ramifications, des employés ou des clients qui sont des colons. Les colonies sont un projet concernant le projet d’Israël tout entier et le boycott ne peut se limiter aux colonies, de la même manière que le boycott de l’époque de l’Afrique du Sud de l’apartheid ne pouvait se limiter aux seules institutions de l’apartheid. Là-bas, tout était apartheid et, ici, tout est coloré par l’occupation.

Israël finance, protège et alimente les colonies et, ainsi donc, c’est Israël tout entier qui est responsable de leur existence. Il est déloyal de ne boycotter que les colons. Nous sommes tous coupables… Donc, le temps est venu de prendre des sanctions. Quand celles-ci se feront ressentir en Israël, ce n’est qu’alors qu’une commission internationale devrait être constituée, que ce soit à Genève, à Jérusalem, à Oslo ou à Ramallah, et où le monde traduira les sanctions économiques en réalisations politiques…

Il n’y a pas de raison de poursuivre cette mascarade des pourparlers de paix que, hormis un seul Américain, le ministre des Affaires étrangères John Kerry, personne ne prend vraiment au sérieux. Même lui, finalement, en reviendra parce que, tant qu’Israël ne paiera pas un prix pour l’occupation ou fermera les yeux dessus, il n’y mettra pas un terme. Voilà la vérité.»


[1] L’expression “ligne verte” désigne la ligne d’armistice telle que définie dans l’accord entre Israël et la Jordanie en avril 1949. La résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 22 novembre 1967, en réclamant “le retrait des forces israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit” a de facto entériné les précédentes conquêtes territoriales d’Israël lors de la “guerre d’indépendance” de 1948 (alors que la même résolution réaffirme pourtant “l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre”). La “ligne verte” a de ce fait acquis le caractère d’une frontière aux yeux de la  “Communauté internationale”. Israël n’a néanmoins jamais reconnu la “ligne verte” comme étant une de ses frontières (aucune n’est d’ailleurs clairement définie). – NDLR

Extrait de l’article publié sur Haaretz, le 1er décembre 2013.
Traduction : JM Flémal.

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