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Lettre de B’Tselem adressée à Netanyahou : « Ordonnez la libération immédiate du gréviste de la faim Muhammad al-Qiq »

2 (Copy)Le directeur exécutif de B’Tselem dans une lettre adressée au Premier ministre : « Ordonnez la libération immédiate du gréviste de la faim Muhammad al-Qiq »
Publié le 18 février 2016

Ce matin, Hagai Elad, directeur exécutif de B’Tselem, a adressé une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahou lui demandant la libération immédiate du journaliste Muhammad al-Qiq. Al-Qiq, 33 ans, est en grève de la faim depuis 86 jours afin de protester contre sa détention administrative et son état de santé est très grave. Dans la lettre, Elad critique l’arrêt de la Haute Cour de Justice (HCJ) qui a rejeté la requête d’al-Qiq en vue d’être transféré à l’hôpital de Ramallah, arrêt dans lequel les juges ont prétendu que si l’establishment sécuritaire cherchait à arrêter à nouveau al-Qiq plus tard, cela allait mettre en danger la vie des militaires.

« Cette position reflète une nouvelle régression dans l’approche instrumentaliste des êtres humains. Manifestement, ce genre d’argument ne peut justifier la poursuite de la détention d’al-Qiq à l’hôpital de Ha ‘Emek malgré ses demandes expresses. Le fait que la Cour a accepté cet argument en dit plus sur les juges que sur le caractère sensé de la requête. En tout cas, étant donné la longue histoire des juges de la HCJ dont le rôle est de servir de cachets en caoutchouc pour estampiller les ordonnances de détention administrative et étant donné également l’usage courant du mot « caprices » par le juge Elyakim Rubinstein quand il décrit les desiderata d’al-Qiq, il est difficile d’accorder le moindre sens juridique sérieux à l’arrêt, dans son cas. »

Elad termine sa lettre en invitant instamment le Premier ministre à ordonner la libération immédiate d‘al-Qiq :

« Puisque la liberté d’al-Qiq est actuellement limitée par une autorité non existante, il est difficile d’identifier l’institution qui porte la responsabilité directe de sa privation prolongée de liberté et de la mise en danger de son existence. Cette responsabilité incombe-t-elle au commandant militaire qui a émis l’ordonnance originale de détention et qui, dans l’intervalle, a été « suspendu de ses fonctions » ? Incombe-t-elle au procureur général, qui est responsable de la direction juridique adéquate de l’État ? Incombe-t-elle au président de la Cour suprême, dont les collègues ont concocté un nouveau mythe juridique – une personne qui n’est pas libre, n’est pourtant pas en état d’arrestation ? Quoi qu’il en soit, il est clair qu’en termes pratiques, le chef de la branche exécutive peut, s’il le souhaite, décider du seul résultat moral possible dans l’état actuel des choses – à savoir, la libération immédiate de Muhammad al-Qiq. Vous portez la responsabilité de la vie d’al-Qiq. Je vous prie instamment – je vous implore – d’ordonner la remise en liberté immédiate d’al-Qiq avant qu’il ne soit trop tard. »


Publié le 18 février 2016 sur B’tselem
Traduction : Jean-Marie Flémal

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